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Triple meurtre chez le général Ramananarivo, quel mobile pour une telle barbarie ? 05/04/2012 | 12:24:24

Crime odieux, vengeance, crime politique, un cambriolage qui a mal tourné, meurtres avec préméditations, les hypothèses fusent après la découverte macabre des corps sans vie de la famille du général Claude Ramananarivo, ancien commandant de la gendarmerie et l’un des membres du Directoire militaire d’un jour en 2009.

Mercredi, quand les responsables du Fokontany d’Andohan’i Mandroseza et les gendarmes de la Section Recherche de Betongolo sont arrivés au domicile du général Ramananarivo, suite à une demande de la famille qui était prise d’inquiétude, le portail était fermé de l’intérieur. Quelques pas dans la cour et les premiers signes du drame se faisaient sentir. L’odeur nauséabonde des corps en décomposition était très forte. Dans la grande pièce, on voyait de l’extérieur une marre de sang.

La porte d’entrée principale était fermée. Il fallait donc forcer l’entrée à l’étage. Le premier corps sans vie a été découvert. Il s’agit de la fille adoptive du général Ramananarivo prénommée Fitiavana. La victime était âgée de 16 ans et souffrait d’une légère déficience mentale. « Le corps est déjà bien abimé, on voit son crâne », rapporte un responsable du fokontany. En investissant le rez-de-chaussée, les gendarmes constatent un désordre complet, avec des meubles et des objets déplacés.

C’est dans le sous-sol que les enquêteurs ont trouvé les deux autres victimes couchées l’une sur l’autre, le général et son épouse Yvonne. Les deux parents ont été vraisemblablement torturés. Est-ce qu’il y a eu lutte, en tout cas, les premières constatations des médecins légistes font état de torture. La fille a été notamment électrocutée. Les meurtriers essayaient-ils de faire pression sur le général ?

Le mobile de ces trois meurtres pleins de sauvagerie est encore un mystère. Le cambriolage qui a mal tourné est la première hypothèse. Les premières choses qui manquaient sont un véhicule 4x4 Toyota Rav 4 et l’ordinateur portable du général. Dans ce type d’affaires, on « soupçonne » souvent les domestiques d’être de mèche avec les assaillants. La famille du général affirme l’existence d’une domestique qui ne travaille que la matinée. Cette personne est toutefois inconnue des voisins et du Fokontany.

« Le général et sa femme étaient des gens simples, ils se chargeaient eux-mêmes d’apporter leurs poubelles au bac à ordure », témoigne un voisin qui doute de l’existence de ladite employée de maison. Comme l’heure des poubelles est en début de soirée et que ladite personne finissait à midi, c’est normal si elle ne s’occupait de jeter les ordures ménagères.

En tout cas, les soupçons sont fondés puisque ladite personne aurait dû prévenir les autorités si elle était venue travailler au domicile du général, un jour après la tuerie. D’après la décomposition du corps, les meurtres ont déjà eu lieu un peu plus de trois semaines.

D’autres indices suscitent encore plus l’interrogation. Les dossiers éparpillés et les objets de valeurs laissés dans la maison signifient-ils que les assaillants n’étaient pas des cambrioleurs ? Quel message voulaient-ils transmettre en mettant au milieu du salon un seau rempli de sang avec le képi du général à l’intérieur ? L’hypothèse d’un règlement de compte ou d’un crime « politique » n’est pas exclue.

Les proches du général Claude Ramananarivo ont contacté la gendarmerie après que la petite famille n’a plus donné signe de vie, ayant déjà manqué la traditionnelle réunion familiale le 25 mars 2012. Les cinq téléphones portables susceptibles de les joindre ont été sur messagerie. Même si la réaction était un peu tardive, il n’y avait plus rien à faire. 


 

 

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