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POLITIQUE

Une loi d’amnistie contre la réconciliation nationale 14/04/2012 | 19:28:23

Le vote quasi à l’unanimité de la Loi d’amnistie pour la réconciliation nationale va-t-il réconcilier les malgaches ? La majorité artificielle des auteurs du coup d’Etat de 2009 dans les deux assemblées faussait le débat dès le départ. L’enjeu reste le même, Andry Rajoelina va-t-il affronter Marc Ravalomanana à l’élection présidentielle. La loi d’amnistie adoptée unilatéralement a donc eu un effet contraire à l’esprit de la feuille de route. Elle a pour but d’exclure.

La mouvance Rajoelina se félicite de sa victoire dans l’adoption de la Loi d’amnistie 007/2012. C’était gagné d’avance depuis qu’elle s’est divisée en plusieurs forces politiques pour multiplier par trois le nombre de ses personnalités siégeant au parlement de la transition. Quand on a 2/3 des sièges, la majorité est en effet assurée. Cette majorité illégitime doit-elle décider de l’avenir du pays ?

« Le congrès est un palais de la démocratie, mais la vérité est qu’il n’y a pas d’élus dans cette institution, analyse Mamy Rakotoarivelo de la mouvance Ravalomanana. Personne ne peut dire qu’ils peuvent représenter les 20 millions de malgaches ».

Pour le Monima, « ce sont des parlementaires élus qui doivent voter l’amnistie ». Le parti de Monja Roindefo dénonce la manoeuvre du ministre de la Justice des TGV qui a répondu aux questions seulement après le vote du projet de loi.

« Le vote de la Loi d’amnistie ne correspond pas à la feuille de route », renchérit Damy au nom du Monima. « Il n’y a pas de consensualité ni d’inclusivité, mais c’est de la majorité artificielle », ajoute-t-il « Cette loi d’amnistie ne va pas apporter la solution à la crise », conclut le Monima qui réclame « l’apaisement et la réconciliation nationale avant l’amnistie ».

Pour Albert Zafy, cette loi a été une perte de temps. « Parmi ces gens – parlementaires de la transition – il y en a beaucoup qui sont condamnés, c’est insensé qu’ils votent une loi qui les concerne ». L’ancien président préconise la réconciliation avant l’amnistie.

Inculsivité et non pas majorité

La mouvance Ravalomanana s’est retirée de la salle par deux fois, lors des votes au Congrès et au Conseil Supérieur de la Transition. Pour la mouvance Rajoelina , c’était reconnaitre une défaite inévitable face à la majorité. Les putschistes revendiquent une victoire par la démocratie.

« Nous ne sommes pas dans la démocratie », tempère Mamy Rakotoarivelo. « Pour la prise de parole oui mais pas pour le choix. Il ne devrait pas y avoir de majorité ni de minorité parce que c’est pour une transition consensuelle et inclusive qu’on a signé », explique le président du Congrès.

« Aucune considération n’a été faite des propositions par rapport au projet de loi », regrette Mamy Rakotoarivelo.  « Le hic c’est que cette loi ne va pas apporter l’apaisement ni la réconciliation nationale et l’on peut craindre qu’elle provoque une crise dans la crise ».

Au final, la mouvance Rajoelina est la seule qui a adopté la loi d’amnistie pour la réconciliation nationale. Difficile d’engager une réconciliation sans les autres parties prenantes. Peu importe, le TGV et ses alliés n’y voient qu’une étape de plus vers les élections tout en maintenant ses adversaires à l’écart. Mamy Rakotoarivelo interpelle la communauté internationale face à la manipulation unilatérale de la feuille de route par la HAT qui prétend franchir les étapes prévues tout en violant les règles.  

 


 

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