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ECONOMIE

Airbus A340-300 : interdiction de critiquer ! 15/04/2012 | 20:02:47

L’acquisition en cours d’un Airbus A340 d’occasion par Air Madagascar est-il un évènement. En tout cas, l’Hat et la compagnie nationale en ont fait un. Est-ce réellement une bonne affaire ? C’en est une surement pour Airbus et Air France. Dans un avenir proche, on pourra savoir si la stratégie est payante pour rétablir la compagnie malgache auprès de l’OACI et voir à nouveau ses avions voler sur l’espace aérien de l’Union européenne.

« L’objectif fixé par le Régime transitoire est atteint puisque l’avion Airbus A 340/300  est bel et bien arrivé sur le sol malgache ». L’achat de l’appareil est avant tout une décision politique du chef de la transition. Andry Rajoelina n’a pas caché qu’il en faisait une fierté personnelle, une ambition de doter enfin la compagnie nationale d’un avion. Il a décidé « de prendre les mesures nécessaires afin de redresser cette Compagnie dans les plus brefs délais », car celle-ci se trouvait « dans des conditions très précaires, voire en situation de faillite en 2011 ».

La mesure en question est donc l’acquisition de deux appareils Airbus A340 par vente location. Elle a été largement justifiée sur le plan technique, à commencer par le responsable marketing d’Airbus. Un tel appareil permettra à Air Madagascar de « développer ses réseaux ». Il est doté « d’une performance au décollage sur une piste en altitude comme celle de l’aéroport d’Antananarivo », il a une « distance parcourue plus long... jusqu’en Australie ».

Le Directeur général d’Air Madagascar n’a pas été insensible aux arguments plus concrets comme un cout de voyage plus intéressant, 70 passagers de plus que 767, une meilleure efficacité, -20% de cout d’exploitation. « Ce ne sont que des outils pour atteindre les objectifs, +25% de sièges par rapport au B767,+50% de fret », a déclaré Hugues Ratsiferana.

Polémique autour de l’achat


La présentation du Boeing A340-300 s’est transformée en une aude pour Airbus et Air France. C’est l’appareil en vogue, 400 en exercice sur 500 vendus, 1400 de commande auprès de l’avionneur français... « Je tiens à préciser que 64% du marché aéronautique est occupé par AirBus et 36% par Boeing, plus de 80 Compagnies aériennes de par le monde utilisent les appareils fabriqués par Airbus en ce moment » a déclaré le ministre des Finances qui est aussi PCA d’Air Madagascar.

Comme des enfants devant un sapin de noël, Hery Randrianarimampianina et Andry Rajoelina étaient émerveillés par le confort du fauteuil de la classe affaires de l’A340. Les deux illustres passagers du vol inaugural qui était loin d’être le premier pour l’appareil n’ont pas pu apprécier la classe économique.

«  Certaines personnes se sont permis de nous  critiquer et de nous rabaisser durant le processus depuis le choix jusqu’à l’acquisition de cet appareil, mais nous avons fait preuve de courage et de volonté pour redresser l’image de la Compagnie et voilà le résultat », a lancé le ministre des Finances qui n’a pas apprécié le manque de solidarité d’une partie du personnel de la compagnie.

Les membres du personnel navigant d’Air Madagascar sont en effet des spécialistes du Boeing. « Il y a eu trop de discussions sur le choix à faire entre un Boeing ou un Airbus, cette polémique n’a pas lieu d’être, car de nombreuses compagnies utilisent les deux », a ajouté le PCA Randrianarimampianina.

Critique après l’achat

« C’est un intérêt très privé... ce qui va finir par détruire la compagnie », « c’est un dénigrement des équipages malgaches, les équipages français seront payés par AirMad », « c’est un choix français »... les critiques ont fusé. Le moyen de sortir Madagascar de la liste rouge de l’OACI en se cachant derrière Air France ne fait pas l’unanimité. Un avion battant pavillon malgache mais avec un équipage français, ce sera ainsi durant une phase de transition qui pourrait durer 3 mois.

L’autre critique est l’âge des deux appareils qui ont été en activité depuis 12 et 14 ans. A la fin de la vente-location le plus vieux aura donc 20 ans. Ce qui n’effraie pas les dirigeants d’Air Madagascar qui soulignent que certaines grandes compagnies utilisent des aéronefs de 25 ans. Des doutes ont été soulevés sur la prétendue bonne affaire.

Les chiffres avancés par la compagnie laissent un peu perplexe. Le coût de la vente-location est de 900 000 dollars par mois sur 6 ans. Ce qui fera un total de 32,5 millions de dollars. Le DG Ratsiferana a glissé que ce genre d’appareil est de 28 millions de dollars. C’est un prix d’occasion évidemment puisqu’un Airbus 340 neuf coûte jusqu’à 250 millions de dollars.

Pour Andry Rajoelina, l’avion baptisé « Elatra » va redorer l’image de la compagnie et de Madagascar. « Les critiques lancées à l’encontre d’Air Madagascar pour l’acquisition de cet Airbus A 340/300  ne peuvent être considérées que comme les fruits d’une méchanceté et d’une pure jalousie » a décrété le président de l’HAT.


 

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