Add to My Yahoo! Add to NetvibesAdd to Google
fr en it  
  Samedi 26 juillet 2014  
Aide ¦ rédaction ¦ contact ¦ ¦
Rechercher

SOCIéTé

Education nationale, un malaise sociopolitique 26/04/2012 | 21:45:35

Après avoir limogé le ministre des Eaux et Forêts qui est devenu gênant dans le dossier bois de rose, le président de la HAT va-t-il faire pareil avec le ministre de l’Education nationale ? Andry Rajoelina soupçonne Manoro Régis de cautionner la grève des enseignants qui bloque le système éducatif. Durant ces trois ans de mandat de transition après le coup d’Etat de 2009, la jeunesse malgache a été tout simplement déscolarisée.

C’est d’un ton menaçant qui harangue la foule que Andry Rajoelina a lancé un dernier avertissement au ministre de l’Education nationale. « Il y a des gens qui veulent faire des élèves des otages, nous n’allons pas l’accepter », a-t-il affirmé. Le plus étrange dans cette affaire a été la remise en cause indirecte mais publique de Manoro Régis dans le blocage de la situation.

L’ancien porte-parole de la mouvance Zafy cautionnerait la grève des enseignants. Cela fait deux semaines que les élèves viennent en classe pour jouer et tuer le temps. Il n’y a pas cours dans les lycées. Les grévistes ont promis de faire le nécessaire afin que le programme scolaire soit terminé dans les règles. C’était avant que la tension ne s’installe.

Un ministre qui propose mais ne dispose pas

Manoro Régis a essayé de régler le problème par la négociation, ce qui n’a pas été du goût de la HAT qui aurait aimé une solution radicale pour casser le mouvement. « J’ai fait quatre propositions, mais aucune n’est réalisable faute d’argent », s’est-il justifié. Le ministre de l’Education nationale affirme que le blocage, dans ce cas de figure, relève de son collègue des Finances et du Budget. « Les propositions sont basées sur les revendications des enseignants, ce sont des indemnités propres qui totalisent 210 milliards d’ariary au maximum et 131 milliards d’ariary au minimum.

« Le ministère va faire d’autres propositions, on sait maintenant jusqu’où on peut aller, le ministère (de l’Education nationale) va faire d’autres études », résume Manoro Régis. Il précise que la proposition ne concerne que les enseignants fonctionnaires et non pas ceux payés par le FRAM, l’association des parents d’élèves, qui perçoivent aussi une aide symbolique de l’Etat.

Par ailleurs, l’Association FRAM s’est désolidarisée du mouvement, apportant un démenti sur un soutien qui signifierait qu’ils se mettent aussi en grève. « Nous nous positionnons par rapport aux parents d’élèves qui paient nos salaires, nous ne pouvons pas faire grève », a confié leur porte-parole.

La grève des enseignants a-t-elle un dessous politique au point que Andry Rajoelina parle de prise d’otage et invite le responsable à résoudre le problème au plus vite par crainte d’une explosion sociale. Les enseignants réfutent toute motivation ou récupération politique, rappelant que la revendication concerne tout simplement les indemnités comme c’était le cas avec les enseignants chercheurs.

Dessous politique

Le ministre Manoro Régis est sur la sellette. Il a en effet autorisé les grévistes à faire leur sit-in dans la cour du ministère. Ce n’est plus désormais le cas puisque l’enceinte est gardée par la police. Officiellement, la restriction d’entrée est justifiée par la préparation des examens officiels. La tension a monté d’un cran.

Le prétendu ministre issu de la mouvance Zafy essaie-t-il de sauver sa place ? Il a déjà nié toute manoeuvre politique qui bloquerait le système éducatif du pays. « Il m’est difficile de croire que le PHAT croit ce genre de chose, il sait ce qu’on a fait pour former ce gouvernement inclusif et consensuel », a déclaré Manoro Régis. Andry Rajoelina lui demande de mâter la grève sans satisfaire les revendications syndicales des enseignants. A l’approche des élections, il est possible que l’AVI ou le TGV tente de récupérer ce ministère très utile dans la propagande.

La HAT a plus que détruit le système éducatif malgache. En 2010, quelque 700 000 enfants ont été déscolarisés a révélé l’Unicef. La tendance ne s’améliore pas. En 2012, la faiblesse des élèves avec une moyenne de 7/20 est récurrente. Pour l’égalité des chances, le régime en place ralentit les écoles privées par une pression... fiscale.

 

 


 

Envoyer cet article à un ami

 

Commentez cet article (1)

 

Imprimer

(1) Il n'y a encore aucun commentaire pour cet article

LISEZ AUSSI

12/06/2014 | 10:08:09
Le ministère de l'éducation nationale cherche actuellement les moyens de faire retourner sur les bancs des écoles environ un million d'enfants déscolarisés durant les dernières années de crise dans la Grande Ile. [Voir]

11/06/2014 | 09:39:54
La nouvelle autorité à Antananarivo a mobilisé mille membres des forces de l’ordre afin d’essayer de juguler le phénomène d’insécurité dans le Sud de la Grande ile. Mais au lieu de rassurer la population locale, le déclenchement de cette opération dénommée « coup d’arrêt » a plutôt suscité l’inquiétude. [Voir]

27/05/2014 | 09:13:09
Le nombre exact des morts à la suite d’affrontements entre des villageois dans le Sud de Madagascar n’est pas connu. La presse a évoqué une centaine de victimes depuis le début du conflit, il y a quelques mois, et le Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC) a confirmé le déplacement de plus de mille individus, et la destruction de quelque 400 maisons. [Voir]

13/05/2014 | 10:19:19
Le nombre des consultations au niveau de l’hôpital Manarapenitra baisse progressivement. Inauguré juste avant le départ du président de la Transition du pouvoir, l’hôpital Manarapenitra risque de devenir inutile. Les patients n’ont pas confiance. L’organisation laisse à désirer. [Voir]

30/04/2014 | 09:01:37
La violence des dahalo reprend dans la partie Sud de Madagascar. Un affrontement entre des voleurs de zébus, d’un côté, et la population aidée par des gendarmes, de l’autre côté, a fait une quarantaine de morts, dont la plupart sont des présumés dahalo, aux environs de la localité d’Ihosy. Les dahalo venaient de voler des centaines de zébus dans différents villages de la région Ihorombe. Dans de nombreuses localités du sud de Madagascar, des centaines de dahalo s’en prennent souvent aux villages pour voler notamment des zébus, mais parfois pour prendre tout ce qu’ils peuvent emporter dans le même temps. Les attaques de ce genre étaient moins fréquentes au cours des derniers mois, mais la situation empire de nouveau actuellement. Des milliers de personnes sont en fuite dans le district d’Amboasary pour fuir l’attaque des dahalo. Depuis toujours, le vol de zébus est un phénomène impossible à résorber totalement dans la Grande Ile. Mais le coup d’Etat de 2009 et la crise politique, ayant engendré une crise économique à travers le pays, avait aggravé la situation. Depuis quelques années, ce sont des bandes armées, souvent composées d’une centaine d’hommes munis de kalachnikov, qui s’en prennent aux villages. Le sud de Madagascar est particulièrement riche en cheptel bovin. Raison pour laquelle cette partie de l’île est celle qui est la plus touchée par le phénomène dahalo. D’autant que la population pratique essentiellement un élevage contemplatif. La reprise des attaques des bandes armées risque en tous cas de donner du fil à retordre aux nouveaux dirigeants du pays. Le président de la République, Hery Rajaonarimampianina, investi en fin janvier, et son Premier ministre, Kolo Roger, qui vient de former son gouvernement, ne s’attendaient point à être confrontés à ce problème épineux en si peu de temps passé à la direction du pays. [Voir]

24/04/2014 | 22:20:30
La problématique de la CNaPS et de tous les services de prévoyance sociale en général est la prédominance des difficultés actuelles sur le souci de la situation future. Les affiliés ont l’impression de payer beaucoup et de gagner très peu dans les prestations de la caisse de la sécurité sociale. Comment faire comprendre aux Malgaches que la cotisation à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale n’est pas un impôt payé par les employeurs, mais une participation à un élan de solidarité dont bénéficient les employés et leur famille. [Voir]

16/04/2014 | 11:38:43
La ville paisible d’Antsirabe fait face depuis quelques jours à une invasion acridienne sans précédent. La population crie au scandale. Ce n’est pas la première fois que cela arrive ces derniers temps, mais les gens ont l’impression que pas grand-chose n’a été fait au cours des derniers jours. Tout naturellement ce sont les paysans qui vont payer cher le laxisme des autorités dans ce domaine. [Voir]

11/04/2014 | 08:32:32
La vie a repris son cours normal dans les districts du Nord-ouest de Madagascar récemment touchés par le cyclone Hellen. La plupart des sinistrés sont déjà retournés chez eux. Les cours ont déjà repris pour tous les élèves. Mais un risque lié à la santé de la population serait réel. [Voir]

29/03/2014 | 21:11:54
En 2014, la commémoration de la résurrection de 1947 s’est faite sans fastes et sans récupération politique contrairement aux récentes années de transition. Le président Hery Rajaonarimampianina n’a certes pas à justifier sa prise de pouvoir par un patriotisme douteux comme cela avait été le cas de son prédécesseur auteur d’un putsch. Il s’est toutefois présenté comme le leader d’une lutte qui n’est pas finie contre une ennemie coriace, la pauvreté. [Voir]

10/03/2014 | 07:24:26
Depuis quelques jours, les habitants des grandes villes du centre de Madagascar revivent les délestages programmés par la société nationale d’eau et d’électricité, Jirama. Ces coupures d’électricité sont obligatoires en raison de travaux d’entretien à la Centrale d’Andekaleka, à l’Est de la capitale, selon la Jirama. [Voir]

NEWSLETTER

Accédez GRATUITEMENT aux articles et recevez tous les jours Madonline dans votre boite-aux-lettres (offre limitée).

Entrez votre adresse email ici: