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Le régime prêt à tout pour mâter la grève des enseignants 05/05/2012 | 21:58:46

Après les rappels à l’ordre répétés du président de la HAT, le ministre de l’Education nationale a changé de position à 180° et menace les grévistes de suspension de solde ou de résiliation de contrat. Manoro Régis a donné un ordre strict pour la reprise des cours dans les écoles publiques le lundi 07 mai 2012. Les enseignants ont réagi en affichant leur solidarité et campent sur leur position.

La tension monte d’un cran entre le syndicat des enseignants et le régime de transition. Le SEMPAMA ne cède pas face à « l’ordre » plein d’intimidation du ministre de l’Education nationale. Le président du Syndicat a résumé en trois points la réponse des enseignants : premièrement, la grève se durcit et les écoles seront au contraire fermées lundi ; deuxièmement, les enseignants dans toute l’île sont prêts à affronter la suspension des soldes ; troisièmement, le syndicat n’est pas responsable de la crise qui va découler de cette intransigeance du régime.  

Les propos du président du syndicat Claude Raharovoatra ont trouvé échos chez les fonctionnaires dans les provinces. Une représentante de la Sempama Fianarantsoa a confirmé que la grève continuera lundi. « La procédure de suspension des soldes passe par de nombreuses portes, cela ne se fait pas du jour au lendemain », dit-elle. Si les enseignants jouent la montre pour faire pression sur la HAT et son ministre des Finances, c’est le ministre de l’Education nationale qui est envoyé au front pour mâter cette grève qui démontre une fois de plus la déliquescence de l’Etat.

La solution ne viendra pas du ministre des Finances

Au départ, Manoro Régis était tancé par la HAT car ce ministre présumé issu de la mouvance Zafy était trop favorable aux enseignants. A preuve, il a fait 4 propositions valant 131 milliards à 200 milliards d’ariary pour satisfaire les revendications des fonctionnaires de l’éducation nationale. Il a surtout indiqué le ministre des Finances comme celui qui détient la clé du problème. Seulement, Hery Rajaonarimampianina n’a pas les moyens ni la volonté politique d’accorder les indemnités jugées mirobolantes des enseignants. Il a fait une proposition à hauteur de 4% de ce qui a été demandé.

Naturellement, le Sempama a refusé l’offre. Le « dédain » et le « mépris » affiché par le ministre des Finances leur sont restés en travers de la gorge. Sous la pression du chef de la transition, le ministre de l’Education nationale est sommé de résoudre le problème au plus tôt. Manoro Régis a alors annoncé des décisions radicales qu’il formule avec fermeté comme étant des ordres.

Le ministre de l’Education nationale mobilise ses soldats

Tous les enseignants sont sommés de rejoindre leur poste sous peine de sanction : suspension des soldes, résiliation du contrat pour les contractuels, suppression de la subvention pour les enseignants FRAM. Le ministre donne l’ordre aux responsables au niveau des collectivités, à savoir les DREN, les chefs Cisco et les chefs ZAP, de veiller à ce que la reprise des cours ait lieu. Ils ont pour mission de noter les noms des enseignants qui rejoignent leur poste et de ceux qui seront absents. « N’hésitez pas à faire appel aux forces de l’ordre s’il y a des gens qui cherchent à créer des troubles », leur a lancé Manoro Régis.

Pourquoi le ministre de l’Education nationale durcit-il le ton à ce point ? Manoro Régis a fait un effort en réaffectant une enveloppe de 20 milliards d’ariary du budget de fonctionnement du ministère pour augmenter les indemnités des enseignants. La confusion des chiffres n’aide pourtant pas à y voir plus clair.

Les quelque 50 000 fonctionnaires et contractuels percevront une indemnité d’environ 45 000 ariary à partir du mois de juin. Or, à la télévision nationale, les téléspectateurs ont compris que les indemnités accordées sont de 450 000 ariary, faisant volontairement ou accidentellement croire que les revendications des enseignants ont été satisfaites et qu’il n’y a plus de raison de faire la grève.


 

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