Add to My Yahoo! Add to NetvibesAdd to Google
fr en it  
  Mardi 21 octobre 2014  
Aide ¦ rédaction ¦ contact ¦ ¦
Rechercher

POLITIQUE

La place de la démocratie reste interdite, la répression continue 20/05/2012 | 19:31:21

C’est sous les feux des bombes lacrymogènes et des balles en caoutchouc que les milliers de manifestants revendiquant la réouverture de la place de la démocratie et la liberté d’expression ont été dispersés par les éléments des forces de l’ordre de la HAT. Dépêchant des hommes cagoulés et lourdement armés pour une opération de maintien de l’ordre, le général Richard Ravalomanana est en embuscade, tapis derrière l’application de la loi et le fait que ladite place est une propriété privée, celle de la Commune urbaine d’Antananarivo.

La HAT s’acharne à museler les opposants et utilise la force de l’Emmo Reg pour empêcher toute tentative de s’exprimer sur la place de la démocratie. Samedi 19 mai, les citoyens étaient venus par milliers pour réclamer l’ouverture de la place interdite par le régime putschiste et qui est restée fermée malgré le semblant de consensus dans les institutions de la transition. Cette fois-ci, la petite armée du général Richard Ravalomanana a bel et bien empêché les « opposants » de s’exprimer, constatant qu’un orateur a pris la parole aux alentours.

L’orateur en question n’est autre que Fidèle Razara Pierre, le journaliste de Free FM. Utilisé par Andry Rajoelina pour rameuter la foule et l’armée pour faire tomber le régime Ravalomanana en 2009, le voilà qui retrouve son indépendance pour revêtir le rôle de « chien de garde », la mission citoyenne du journaliste contre les dérives du régime de transition. A Andohan’Analakely, l’ancien chroniqueur de la radio Viva a dénoncé l’absence de liberté d’expression et la violation de la liberté de presse.

« Même les Etat-Unis, le gouvernement, mais non pas l’ambassade, condamnent la persécution des journalistes et la violation de la liberté d’expression à Madagascar » a déclaré Fidèle Razara Pierre. Il en fallait moins pour pousser la foule à vouloir investir la place de la démocratie. Face à cette insistance des manifestants, l’Emmo Reg est entrée en scène. Le contingent de gendarmes, militaires et policiers vêtus de bouclier et casque laisse place aux commandos armés de kalachnikov et cagoulés. Les tirs étaient surtout en balle caoutchouc et des bombes lacrymogènes.

Plus tard, le général Richard Ravalomanana se justifiait de la réaction violente de ses hommes. Une personne armée parmi les manifestants aurait ouvert le feu. Comme à l’accoutumée, la manifestation se passe dans le calme avant l’intervention de l’Emmo Reg. Des pierres ont été jetées du haut du tunnel d’Ambohidahy pour bloquer la circulation. La course poursuite entre les commandos à bord des récents 4x4 pick-up « offerts par Andry Rajoelina » et les manifestants a continué vers Analakely.  Faire des arrestations, telle est l’obsession des hommes du général Richard Ravalomanana. Le bilan fait état de 11 personnes arrêtées dont 6 ont été relâchées. Les chefs d’inculpation ne sont pas moins farfelus que les précédents avec des termes juridiques pompeux qui ne correspondent très peu à la réalité des évènements.

Qui étaient à Ambohijatovo ? Les hommes du général en chef de la répression n’ont pas toujours mis la main sur des leaders. Un technicien de la Free FM faisait partie des manifestants arrêtés, mais il a été relâché. Le commandant des forces déployées à Ambohijatovo a déclaré que le syndicat des journalistes s’est désisté. Sur place, il y avait quelques ténors de la mouvance Zafy et le journaliste de Free Fm Fidèle Razara Pierre. Les deux hommes de la SADC étaient aussi à Ambohijatovo pour observer. Pourquoi la HAT et sa petite armée s’obstinent à fermer aux opposants la place de la démocratie ? Ce serait tout simplement le début de la fin. L’histoire se répète, mais si elle est récente.


 

Envoyer cet article à un ami

 

Commentez cet article (1)

 

Imprimer

(1) Il n'y a encore aucun commentaire pour cet article

LISEZ AUSSI

16/10/2014 | 08:23:58
Depuis quelques jours, le retour au pays de l’ancien président focalise l’attention des médias nationaux et des organisations internationales. La Communauté internationale, en général, à travers l’Union Africaine, l’Union Européenne, le Quai d’Orsay et les Etats-Unis, avait condamné les propos tenus par l’ancien président lors de sa première conférence de presse tenue à son domicile, mais personne ne pouvait lui en vouloir d’être retourné en terre natale. [Voir]

07/10/2014 | 08:18:07
L’ancien président malgache, en exil en Afrique du Sud, depuis le coup d’Etat de 2009, revient à la charge. Il a annoncé officiellement son basculement dans l’opposition après avoir soutenu le régime Hery Rajaonarimampianina durant quelques mois. [Voir]

23/09/2014 | 13:16:58
Une réunion de la troïka de la SADC, à Pretoria, a évoqué la nécessité de la mise en œuvre intégrale de la Feuille de route. Car le récent sommet des chefs d’Etat de cette organisation régionale, qui s’est tenu à Victoria Falls, au Zimbawe, les 17 et 18 août, a déjà évoqué la question. [Voir]

21/09/2014 | 19:47:13
« Imprévoyance », « amateurisme », l’observatoire de la vie publique Sefafi n’est pas tendre avec les dirigeants qui selon lui mènent le pays vers une crise institutionnelle majeure. Une loi sur la décentralisation bâclée qui créera plus de problèmes que de ne proposera des solutions, des élections communales reportées sous prétexte de prendre du temps pour faire passer la division de la Capitale en six communes, des collectivités territoriales non mises en places... les observateurs en arrivent à se poser la grande question : finira-t-on par demander la déchéance du président de la République ? La nouvelle Constitution prévoit en effet cette sanction ultime en cas de certaines formes de violation, la non-mise en place de la Haute Cour de Justice en fait partie. La Haute Cour Constitutionnelle viendra au secours du président et devrait valider une HCJ boiteuse, tout comme elle. [Voir]

15/09/2014 | 08:55:15
Il est pratiquement impossible de tenir les élections communales pour cette année 2014. La Commission nationale électorale a enfin admis cette réalité qui risque de décevoir la Communauté Internationale qui a établi le calendrier électoral malgache l’an passé. [Voir]

05/09/2014 | 08:59:43
Les maîtres FRAM estiment que leur revendication est tout à fait légitime, car elle est fondée sur une promesse du président de la République. Hery Rajaonarimampianina a effectivement pris quelques engagements solennels le jour de son investiture, le 25 janvier 2014, reprenant les grands thèmes abordés durant sa campagne électorale. Il a juré devant le peuple qu’il va réaliser ses promesses et ne voudrait pas faire de la démagogie, « car c’est la foi en la parole du président qui est la base du renouveau du pays ». Les promesses non tenues ont ébranlé la foi d’une partie des malgaches en leur président. [Voir]

29/07/2014 | 09:43:03
C’est une opération de communication pour sauver la face. L’affaire des deux journalistes incarcérés a été officiellement dénouée par le président de la République. Ce dernier a déclaré avoir demandé à son ministre d’Etat de retirer la plainte alors que Jean Luc Rahaga et Didier Ramanoelina attendaient en prison le verdict de leur procès pour diffamation par voie de presse. Sans enlever le mérite à Hery Rajaonarimampianina qui a pris position contre l’emprisonnement des journalistes, le régime a plié face à la montée de la mobilisation générale et une récupération politique d’une affaire qui a terni son image. [Voir]

11/07/2014 | 18:10:01
La réunification du parti de l’ancien président, Marc Ravalomanana, le TIM semble sur la bonne voie. En tous cas, le ministère de l’Intérieur ne reconnaît plus désormais qu’un seul parti TIM, celui présidé par Razoarimihaja Solofonantenaina. Très discret durant le moment fort de la crise politique dans la Grande Ile, Razoarimihaja Solofonantenaina revient désormais sur la scène politique. C’est de nouveau lui qui préside le parti Tiako i Madagasikara, d’près un arrêté du ministère malgache de l’Intérieur. Lors d’une conférence de presse, le président du TIM a tout simplement annoncé que « le parti revient à son propriétaire ». De son côté, le Secrétaire général du parti, Mamy Rakotoarivelo a affirmé que « c’est Razoarimihaja que le ministère avait contacté pour annoncer la sortie de l’arrêté ministériel mais pas une autre personne ». Une façon pour lui de soutenir que le TIM est désormais unique. Pour sa part, Marc Ravalomanana, par téléphone, avait félicité les membres du TIM, car « le parti est de nouveau normalisé ». Très récemment, un comté de rassemblement a été mis en place. Reste à savoir si toutes les personnalités ayant déjà fondé leur propre parti depuis la chute de Marc Ravalomanana, en 2009, vont revenir au sein du TIM. [Voir]

27/06/2014 | 10:58:52
Le président de la République a renouvelé ses engagements pris lors de son investiture et a réitéré les grandes lignes de la politique générale de l’Etat. Pour son premier 26 juin a la tête de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina a remobilisé la nation pour la réconciliation et la solidarité. « Le devoir que vous m’avez confié est très lourd, mais je l’accepte avec humilité », a-t-il déclaré aux citoyens avant de rappeler ce à quoi il s’est engagé : « la bonne gouvernance, l’Etat de droit, la transparence, la démocratie, une justice impartiale, la lutte contre la corruption et des actions de développement durable ». Après 5 mois au pouvoir, il est toujours au point de départ. [Voir]

07/06/2014 | 11:03:56
Alors que les grandes questions urgentes et vitales semblent totalement ignorées par les députés, l’Assemblée nationale s’apprête à accueillir un groupe parlementaire sorti de nulle part par le tout récent parti présidentiel, ainsi qu’un représentant de l’opposition forcément autoproclamé, car ne représentant pas une force politique au parlement. [Voir]

NEWSLETTER

Accédez GRATUITEMENT aux articles et recevez tous les jours Madonline dans votre boite-aux-lettres (offre limitée).

Entrez votre adresse email ici: