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Quand les putschistes ont un besoin vital d’élections 26/05/2012 | 15:28:47

Ce sont les putschistes de 2009 qui sont les plus impatients pour organiser les élections. Après avoir été incapable à cinq reprises de tenir sa parole en annonçant une date ou même une année de scrutin, Andry Rajoelina s’en remet aux paramètres techniques. La crise sera étouffée si un pouvoir pris par la rue et les armes est enfin validé par les urnes. Cet empressement s’explique par la perte de légitimité et une légalité bancale d’un régime transitoire constitutionnellement à durée indéterminée.

Une énième date d’élection

De retour de son voyage à New York, Andry Rajoelina a annoncé pour la cinquième fois une date d’élection incertaine. Cette fois-ci, le président de la transition ne s’avance pas et se réfugie derrière la Commission électorale et les experts des Nations-Unis. « En principe, l’élection présidentielle devrait avoir lieu dans huit mois, soit en janvier 2013 », dit-il. Si c’est un peu avant ou après, ce ne sera pas de sa responsabilité, mais celle de la CENIT qui a reçu le message.

La commission électorale nationale indépendante de la transition va annoncer les dates des scrutins le 29 mai 2012. « Le délai de 60 mois qui nous a été donné expire le 28, mais comme c’est un jour férié, nous allons le faire le lendemain », a expliqué la présidente Béatrice Attalah. La décision est donc technique. Elle est unilatérale le plan politique.

La CENI respecte certes les paramètres de sa mission, mais elle a aussi appliqué l’ordre du chef de la transition et cédé à la pression du parti de celui-ci. Pour sa défense, la commission peut aussi n’avoir que des considérations techniques sur la faisabilité des élections, même si la crise politique est loin d’être résolue. On avance alors vers des élections unilatérales à composants multiples, à savoir, la HAT, la mouvance Rajoelina et le parti TGV.

Un pouvoir anti-démocratique et usé

Le TGV est un parti créé après le coup d’Etat de 2009. Il n’a aucun passé électoral à part une élection municipale gagnée par Andry Rajoelina en tant qu’indépendant. Et voilà que ce dernier prétend être le champion naturel des futurs scrutins qu’il est sûr de remporter après s’en être donné les moyens.

Le référendum qui lui a permis de s’approprier la Constitution de sa 4ème République est un deuxième coup d’Etat puisqu’il lui donne le pouvoir jusqu’à ce que le nouveau président soit élu. Ce qui lui aurait permis de rester à la tête du pays plus longtemps que le mandat de Barack Obama.

Mais voilà, diriger sans reconnaissance et sans argent pour faire face aux revendications des fonctionnaires en vaut de moins en moins le coup. Le TGV met la pression pour que les élections se fassent en 2012. « Il faut raccourcir le délai de 80 mois préconisés par les Nations-Unis ». Le parti court après une validation par des moyens démocratiques du changement anti-constitutionnel de gouvernement qui a plongé le pays dans une crise politique.

Coincé dans l’unilatéralisme

Le trinôme HAT-TGV-Mouvance Rajoelina peut-il se passer des autres mouvances et continuer à ignorer l’application de la feuille de route ? Il avance comme argument la mise en place des institutions de la transition même si celles-ci ne reflètent pas l’apaisement ni même le consensus. De toute manière, avec la crise sociale, les revendications syndicales et la soif de liberté d’expression qui s’intensifient, Andry Rajoelina et son parti doivent donner à leur pouvoir un aspect démocratique, s’il ne veulent pas le perdre.

La mouvance Rajoelina veut sortir de ce piège de l’unilatéralisme, qu’elle a tendu elle-même et dans lequel ses opposants les enferment. « Il ne devrait pas y avoir d’opposition puisqu’on dirige ensemble », clament ses ministres. Justement, la transition consensuelle n’a fait que durcir le totalitarisme des putschistes qui veulent se maintenir au pouvoir, par la voie des urnes, tout en maitrisant l’opposition par les armes.
 


 

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