Add to My Yahoo! Add to NetvibesAdd to Google
fr en it  
  Jeudi 23 octobre 2014  
Aide ¦ rédaction ¦ contact ¦ ¦
Rechercher

POLITIQUE

Des élections improbables en 2012 31/05/2012 | 22:06:14

La HAT et la mouvance Rajoelina, usées par le pouvoir illégitime, ont fait de l’organisation d’élections une priorité en 2012. La CENI-T ne s’est pas avancée à fixer un calendrier, mais n’a pas souhaité fâcher le régime en laissant une porte ouverte à cette possibilité. L’équipe de Béatrice Atallah promet de pouvoir raccourcir de deux mois le délai de 8 mois estimés nécessaires par les experts des Nations-Unies, en citant des conditions qui ne dépendront pas de la Commission électorale.

Andry Rajoelina aura-t-il son élection pour étouffer la crise politique et des opposants qui logiquement iront au boycott ? La réponse donnée par la Commission électorale nationale indépendante de la Transition est : peut-être. La présidente Béatrice Atallah annonce que si l’on s’y met tout de suite, les préparatifs des élections seront achevés la première semaine de novembre 2012.

Ce qui laisse à la HAT la possibilité d’organiser une élection à deux tours le mois de novembre, en particulier s’il s’agit de scrutin au niveau des collectivités comme les législatives et les communales. Il faudra en effet plus de temps pour proclamer les résultats du 1er tour d’une élection présidentielle. Le 2ème tour, s’il a lieu, risque de tomber en décembre. Or, la loi électorale interdit l’organisation de scrutin en saison de pluie, c’est-à-dire de décembre à mars.

En tout cas, la présidente de la CENIT a annoncé qu’un calendrier électoral devrait être arrêté d’ici fin août. Le délai de 3 mois nécessaires entre l’annonce et la tenue du scrutin pourra être respecté. Une annonce faite à temps et des préparatifs achevés dans le délai imparti, la CENIT a-t-elle les moyens de tenir ses engagements ? Non. Le discours est aussi pragmatique que politique.

Durant ces 6 mois de préparatifs, « ce qu’on peut faire et ce qu’il faut faire, c’est une révision systématique de la liste électorale » a déclaré madame Attalah. Pour le moment, la commission n’en possède pas les moyens. Les 9 milliards d’ariary promis par l’autorité de transition sont destinés à l’organisation des scrutins. Pas question donc de faire un recensement qui est plus coûteux. La dernière liste électorale utilisée lors du référendum personnel de Andry Rajoelina fera l’objet de rectificatifs et de mise à jour.

La CENIT peut-elle travailler sans moyens financiers ? Le premier ministre de consensus a affirmé que les techniciens, en particulier les administrateurs civils, les agents du ministère de l’Intérieur et les présidents des Fokontany sont prêts à être mobibilisés pour appuyer la commission électorale. Cette dernière ne fera que s’approprier une liste qu’elle n’a pas établie. Le démembrement de la CENIT à travers le pays est à mettre en place. Il ne permettra pas de contrôler chaque nom inscrit ou omis de la liste électorale.

L’équipe de Béatrice Attalah attend que les bailleurs de fonds de Madagascar s’engagent à financer les préparatifs électoraux pour tenir le délai de 6 mois. Or, les partenaires internationaux restent dans l’expectative face à l’évolution de la situation politique dans le pays. La présidente de la CENIT a mis la pression sur les entités politiques pour trouver une entente avant l’annonce du calendrier électoral en août. Un scrutin politiquement unilatéral ne pourra satisfaire le caractère « accepté par tous ». Par ailleurs, les lois sur l’organisation des différents scrutins restent encore à voter par le parlement de la transition.

« Même si nous avons la prérogative de décréter une date, nous ne le ferons pas », a martelé la présidente de la CENI. Elle s’attend à ce que les conditions matérielles, financières et politiques soient réunies pour organiser et annoncer une élection. Bref, le calendrier électoral dont l’annonce est promise pour le mois d’août est loin d’être certain.


 

Envoyer cet article à un ami

 

Commentez cet article (1)

 

Imprimer

(1) Il n'y a encore aucun commentaire pour cet article

LISEZ AUSSI

04/06/2012 | 21:23:02
La SADC va organiser une rencontre entre les deux protagonistes principaux à l’origine de la crise politique malgache pour débloquer la situation. Marc Ravalomanana en a fait la demande. Andry Rajoelina de plus en plus acculé à jeté du lest et accepte de rencontrer celui qu’il a renversé par un coup d’Etat en 2009. L’organisation régionale va remettre Joaquim Chissano en selle pour conduire la médiation. [Voir]

20/05/2012 | 19:31:21
C’est sous les feux des bombes lacrymogènes et des balles en caoutchouc que les milliers de manifestants revendiquant la réouverture de la place de la démocratie et la liberté d’expression ont été dispersés par les éléments des forces de l’ordre de la HAT. Dépêchant des hommes cagoulés et lourdement armés pour une opération de maintien de l’ordre, le général Richard Ravalomanana est en embuscade, tapis derrière l’application de la loi et le fait que ladite place est une propriété privée, celle de la Commune urbaine d’Antananarivo. [Voir]

09/05/2012 | 22:33:47
Toutes les décisions prises par l’Etat dans la résolution de la crise liée à la grève des enseignants sont unilatérales. Après, l’échec de la stratégie du bâton et de la carotte du ministre de l’Education nationale, c’est le premier ministre qui revient à la charge avec une meilleure de proposition à 25 milliards d’ariary et les menaces en moins. Les enseignants vont-ils accepter de cesser le mouvement et se contenter de 11% de ce qu’ils revendiquent ? [Voir]

01/05/2012 | 22:21:10
Après avoir été visé par les bombes lacrymogènes des forces de l’ordre de la HAT, Mamy Rakotoarivelo est de nouveau la cible du régime Rajoelina. Le président du Congrès de la transition est convoqué par la Cour criminelle ordinaire, ce qui est une violation sans détour de la feuille de route. Il dénonce le retour de l’unilatéralisme et annonce que la mouvance Ravalomanana va suspendre jusqu’à nouvel ordre toute participation à des réunions parlementaires ou gouvernementales. [Voir]

29/04/2012 | 09:58:13
Les parlementaires et ministres de la mouvance Ravalomanana n’ont pas pu investir la « place de démocratie » à Ambohijatovo. Leurs partisans venus nombreux écouter « le compte rendu de la situation politique et de l’application de la feuille de route » ont été dispersés manu militari par les forces de l’ordre de la HAT. La répression politique est comme toujours justifiée par le maintien de l’ordre et une autorisation non délivrée pour accéder à ce qui est désormais « la place interdite ». [Voir]

14/04/2012 | 19:28:23
Le vote quasi à l’unanimité de la Loi d’amnistie pour la réconciliation nationale va-t-il réconcilier les malgaches ? La majorité artificielle des auteurs du coup d’Etat de 2009 dans les deux assemblées faussait le débat dès le départ. L’enjeu reste le même, Andry Rajoelina va-t-il affronter Marc Ravalomanana à l’élection présidentielle. La loi d’amnistie adoptée unilatéralement a donc eu un effet contraire à l’esprit de la feuille de route. Elle a pour but d’exclure. [Voir]

13/04/2012 | 22:18:18
Le projet de loi d’amnistie pour la réconciliation nationale a été voté par les deux chambres du parlement de la transition dominées par la mouvance Rajoelina. C’est en effet la loi de majorité qui a été appliquée alors qu’aucun élu ne siège au parlement. Sans nommer les personnes ciblées pour en bénéficier ou en être écartées, la loi des TGV a été sélective. La mouvance Ravalomanana a manifesté son opposition et n’a pas participé à « l’absurde » vote, privant ladite de loi de l’indispensable inclusivité. [Voir]

05/04/2012 | 21:52:22
A l’heure du bilan de l’opération des forces de l’ordre censée ramener la sécurité et la paix sociale à Antananarivo, les meurtres sordides du général Claude Ramananarivo et de sa famille anéantissent un résultat encourageant. L’armée se trouve-t-elle à nouveau face à ses démons, tant la thèse du règlement de compte plane sur l’affaire. L’ancien commandant de la gendarmerie a en effet pris ses responsabilités face à des évènements politiques auxquels l’armée y a mis son grain de sel. [Voir]

27/03/2012 | 22:46:16
La loi d’amnistie est décidément la clé de la crise malgache qui perdure depuis le coup d’Etat militaro-civil de 2009. Elle est encore sujette à des négociations politiques qui sont plus que mal engagées. L’enjeu est la possibilité pour toutes les parties prenantes de se présenter aux élections. Le cas du président en exil Marc Ravalomanana et la réconciliation nationale sont les points clés des débats. Le mémorandum de la SADC a certes apporté des précisions, les interprétations sont toujours contradictoires. [Voir]

NEWSLETTER

Accédez GRATUITEMENT aux articles et recevez tous les jours Madonline dans votre boite-aux-lettres (offre limitée).

Entrez votre adresse email ici: