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POLITIQUE

Des élections improbables en 2012 31/05/2012 | 22:06:14

La HAT et la mouvance Rajoelina, usées par le pouvoir illégitime, ont fait de l’organisation d’élections une priorité en 2012. La CENI-T ne s’est pas avancée à fixer un calendrier, mais n’a pas souhaité fâcher le régime en laissant une porte ouverte à cette possibilité. L’équipe de Béatrice Atallah promet de pouvoir raccourcir de deux mois le délai de 8 mois estimés nécessaires par les experts des Nations-Unies, en citant des conditions qui ne dépendront pas de la Commission électorale.

Andry Rajoelina aura-t-il son élection pour étouffer la crise politique et des opposants qui logiquement iront au boycott ? La réponse donnée par la Commission électorale nationale indépendante de la Transition est : peut-être. La présidente Béatrice Atallah annonce que si l’on s’y met tout de suite, les préparatifs des élections seront achevés la première semaine de novembre 2012.

Ce qui laisse à la HAT la possibilité d’organiser une élection à deux tours le mois de novembre, en particulier s’il s’agit de scrutin au niveau des collectivités comme les législatives et les communales. Il faudra en effet plus de temps pour proclamer les résultats du 1er tour d’une élection présidentielle. Le 2ème tour, s’il a lieu, risque de tomber en décembre. Or, la loi électorale interdit l’organisation de scrutin en saison de pluie, c’est-à-dire de décembre à mars.

En tout cas, la présidente de la CENIT a annoncé qu’un calendrier électoral devrait être arrêté d’ici fin août. Le délai de 3 mois nécessaires entre l’annonce et la tenue du scrutin pourra être respecté. Une annonce faite à temps et des préparatifs achevés dans le délai imparti, la CENIT a-t-elle les moyens de tenir ses engagements ? Non. Le discours est aussi pragmatique que politique.

Durant ces 6 mois de préparatifs, « ce qu’on peut faire et ce qu’il faut faire, c’est une révision systématique de la liste électorale » a déclaré madame Attalah. Pour le moment, la commission n’en possède pas les moyens. Les 9 milliards d’ariary promis par l’autorité de transition sont destinés à l’organisation des scrutins. Pas question donc de faire un recensement qui est plus coûteux. La dernière liste électorale utilisée lors du référendum personnel de Andry Rajoelina fera l’objet de rectificatifs et de mise à jour.

La CENIT peut-elle travailler sans moyens financiers ? Le premier ministre de consensus a affirmé que les techniciens, en particulier les administrateurs civils, les agents du ministère de l’Intérieur et les présidents des Fokontany sont prêts à être mobibilisés pour appuyer la commission électorale. Cette dernière ne fera que s’approprier une liste qu’elle n’a pas établie. Le démembrement de la CENIT à travers le pays est à mettre en place. Il ne permettra pas de contrôler chaque nom inscrit ou omis de la liste électorale.

L’équipe de Béatrice Attalah attend que les bailleurs de fonds de Madagascar s’engagent à financer les préparatifs électoraux pour tenir le délai de 6 mois. Or, les partenaires internationaux restent dans l’expectative face à l’évolution de la situation politique dans le pays. La présidente de la CENIT a mis la pression sur les entités politiques pour trouver une entente avant l’annonce du calendrier électoral en août. Un scrutin politiquement unilatéral ne pourra satisfaire le caractère « accepté par tous ». Par ailleurs, les lois sur l’organisation des différents scrutins restent encore à voter par le parlement de la transition.

« Même si nous avons la prérogative de décréter une date, nous ne le ferons pas », a martelé la présidente de la CENI. Elle s’attend à ce que les conditions matérielles, financières et politiques soient réunies pour organiser et annoncer une élection. Bref, le calendrier électoral dont l’annonce est promise pour le mois d’août est loin d’être certain.


 

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