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Guérilla dans le sud de Madagascar : l’armée déterminée à neutraliser les dahalo 13/06/2012 | 23:34:24

Alors que l’insécurité urbaine et les manifestations des opposants à Antananarivo accaparaient l’attention des forces de l’ordre, voilà que les dahalo sévissent dans la partie sud de l’ile. Pourquoi ces bandits voleurs de zébus et parfois assassins sont-ils considérés comme une menace pour l’Etat ? La paranoïa des petits soldats de la HAT est une chose, la défiance d’un groupe armée envers les gendarmes et les militaires en est une autre. Andry Rajoelina relève le défi et donne l’ordre de neutraliser les dahalo.

Envoyer les éléments d’élite de la gendarmerie pour faire peur aux manifestants devant la place interdite de la démocratie a terni l’image du présumé chef suprême de l’Armée de la Transition. Andry Rajoelina a l’occasion de se racheter en donnant aux hauts responsables de l’armée l’ordre d’envoyer des renforts à Ambovobe et Amboasary Sud pour arrêter la milice de dahalo qui terrorise la population. Les super gendarmes du GSIS sont de la partie comme des éléments de l’Emmo Nat. La Force d’Intervention Spéciale reste au chaud à Ambohitsorohitra.

Les 150 hommes partis d’Antananarivo seront épaulés par d’autres éléments provenant de Fianarantsoa et d’Ihosy. La mission de cette petite armée est la même que celui du peloton décimé par les dahalo : arrêter les bandits, pacifier la zone et saisir les zébus volés afin de les restituer aux propriétaires. Tout est parti d’une opération visant à traquer le dahalo Remenabila et sa bande qui ont sévi ces 3 derniers mois.

Ils étaient 50 soldats et gendarmes, dont la moitié en poste à Sakaraha et 15 du groupement de la région Anosy et le reste des militaires venus en renfort. Après avoir mis la main sur une centaine de zébus laissés en route par les dahalo traqués, le groupe s’est divisé en deux. Le tiers a rebroussé chemin pour convoyer le bétail. Les deux tiers sont repartis  sur les traces des dahalo.

Samedi 09 juin à Bekofafa – commune de Befotaka, les bandits ont tendu une embuscade aux forces de sécurité. L’affrontement a été violent et n’était pas à armes égales. Avantage aux dahalo qui ont utilisé, à part les traditionnels kalachnikovs et fusils de chasse, des lance-roquettes et des mitraillettes selon le témoignage d’un gendarme rescapé. Le bilan est lourd, 5 gendarmes et 1 militaire tués, 4 blessés, 4 disparus dont 1 a donné signe de vie et serait à l’abri.

Par défiance, les dahalo ont rendu les armes des défunts comme des trophées de guerre. En tout, 11 kalachnikovs ont été remis aux autorités du village de Ranontsara, sans les chargeurs ni les cartouches. Ultime provocation, les bandits ont défié les forces de l’ordre de venir chercher les dépouilles de leurs frères d’armes s’ils en ont le courage et les conseillent de venir avec des renforts. Le sort des 3 disparus est encore inconnu.

Les commandements de l’armée promettent des mesures radicales pour mettre fin aux méfaits de ce groupe de dahalo. Le parlementaire de la transition Razanadahy Bonaventure a dressé le bilan d’avant cette opération coup de poing qui a mal tourné :  14 civils et 1 gendarme tués, 4000 zébus volés. « L’Etat doit prendre rapidement ses responsabilités », dit-il.

Sans révéler les détails de l’attaque, un haut gradé de la gendarmerie explique que la stratégie consiste à encercler les dahalo et les neutraliser. Le groupe est localisé dans un village où 20 familles risquent d’être retenues en otage. Les autorités civiles sont envoyées négocier une évacuation. Les bandits sont retranchés dans un endroit bien protégé, rendant l’opération encore plus risquée.

Les observateurs cherchent des explications à cette recrudescence des vols de zébus. Elle est d’abord économique, premièrement à cause de la reprise des exportations de zébus, ensuite l’impact social des difficultés économiques traduit par l’insécurité. Ensuite, elle serait politique, à cause du sentiment d’inexistence de l’Etat ou du moins de la faiblesse de ce dernier. La théorie d’une déstabilisation politique dans le but de renverser le régime en place est la moins crédible. 


 

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