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POLITIQUE

CENIT, un calendrier électoral sans garantie 02/08/2012 | 21:20:46

Le timing n’est pas parfait, mais au moins, les échéances ont été respectées. La CENIT a annoncé la date des élections alors que l’incertitude est entière sur une possible entente politique qui pourrait instaurer l’apaisement. Les malgaches se rendront aux urnes le 8 mai 2013 pour élire leur président. La grande nouveauté sera le double scrutin qui réunira le deuxième tour de la présidentielle et l’élection législative, à moins que ce ne soit un premier tour « dia vita », avec un candidat à + de 50%.

La Commission électorale nationale indépendante de la transition a suivi les recommandations du système des Nations-Unis et non pas l’appel insistant de la HAT et du parti au pouvoir sans élus, TGV. Les élections attendront bien 2013. Le calendrier annoncé par la CENIT prévoit le premier tour de l’élection présidentielle le 08 mai 2013. Le deuxième tour, si c’est nécessaire, aura lieu le 03 juillet, soit le même jour que l’élection législative. Il faudra donc attendre un an, à quelques jours près, pour que Madagascar n’ait plus de vide ni des usurpateurs dans ses institutions politiques.

Dans les collectivités décentralisées, les élections communales sont annoncées pour le 23 octobre 2013. Les élections régionales ne figurent pas dans ce premier calendrier. Elles auront lieu probablement en 2014, si le nouveau pouvoir en place veut bien les faire. Ce n’est pas la seule zone d’ombre de l’annonce officielle du calendrier électoral.

La CENIT n’annonce pas de second tour pour les élections législatives et communales. Elle s’en remet à la législation, donc à un choix politique, pour déterminer les modes de scrutin. Pour le moment, la loi électorale contre le président Ravalomanana a été la seule à être votée unilatéralement par la mouvance Rajoelina.

La présidente de la CENIT souligne que la publication des dates ne garantit pas que les scrutins auront lieu. « La réalisation des élections dépend de la promulgation des lois électorales, de la disponibilité du budget électoral venant du gouvernement ou de la communauté internationale », a déclaré Béatrice Attalah. Une réunion des bailleurs de fonds aura lieu dans un bref délai.

Pour le représentant de l’ONU, « ce calendrier n’a fait l’objet d’aucun pressing de la part du système des Nations-Unies ni des partenaires internationaux ». Fatma Samoura a salué « l’esprit de clairvoyance » de la CENIT. Le premier ministre Omer Beriziky a félicité la Cenit et a parlé d’un « jour historique » qui annonce une issue à la crise politique. Il a appelé les politiciens à prendre leurs responsabilités.

Qu’en pense la communauté internationale ? La présidente de la CENIT leur a fait une demande surprise et pleine d’enthousiasme. « J’appelle la communauté internationale pour la levée des sanctions qui entravent notre développement » a clamé Béatrice Attalah. Le représentant de l’Union africaine a tenu à calmer les ardeurs. « Nous sommes là pour trouver des solutions à la crise, c’est inapproprié de parler de levée de sanction », a tempéré Mourad Taiati. 

Gert Grobler, ambassadeur de l’Afrique du Sud, a souligné « qu’il y a une prise de responsabilité de la communauté internationale et de la SADC pour créer un environnement électoral favorable à Madagascar ». Le ministre sud-africain Marius Fransman est attendu à Antananarivo pour étudier le calendrier proposé par la CENIT et le soumettre à la prochaine réunion au sommet de la SADC, le 17 août prochain. Un accord entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina doit être trouvé lors du deuxième round du face-à-face avant cette échéance.  


 

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