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POLITIQUE

SADC – Sommet de Maputo : pas de solution ni de décision pour Madagascar 20/08/2012 | 11:55:52

Le communiqué de la SADC a été aussi limité qu’évasif sur le dossier Madagascar à l’issue du sommet de la Troïka à Maputo le 17 aout 2012. La situation a cependant évolué si l’on en croit les comptes-rendus par le président de la transition, Andry Rajoelina. La solution sera les élections, mais il faudra résoudre beaucoup de problèmes, à commencer par le retour au pays et la candidature du président en exil, Marc Ravalomanana.

Aucune solution n’a été trouvée ni une décision prise à Maputo pour que les malgaches puissent espérer une sortie de crise. Les mesures à prendre dépeindront encore de la consultation des parties prenantes malgaches. Les médiateurs sont appelés à « intensifier le dialogue avec les principaux partis politiques ». 

L’objectif pour la Sadc est que ces consultations permettent de « prendre les mesures nécessaires pour mettre en oeuvre entièrement et urgemment la feuille de route et créer un environnement favorable pour des élections libres et démocratiques ». Qui aura le pouvoir ou l’autorité de prendre de telles mesures salvatrices ? La Sadc ne semble pas encline à arbitrer le litige malgré les échecs répétés de la médiation dans la recherche d’un accord politique.

Andry Rajoelina s’est montré très satisfait du Sommet de la SADC auquel il a été invité. Ses alliés ont interprété l’invitation de la Troïka comme une preuve de reconnaissance. « La Sadc respecte la souveraineté et les institutions de Madagascar », a déclaré le président de la HAT. Il rappelle que le sommet de Maputo a validé le calendrier électoral proposé par la CENIT et s’en tient à l’application de la feuille de route.

Rajoelina ne veut pas affronter Ravalomanana aux élections

Les facteurs de blocage dans la résolution de la crise malgache ont été cernés. Il s’agit du retour au pays du président en exil Marc Ravalomanana et la possibilité de ce dernier de se présenter aux élections présidentielles contre Andry Rajoelina. Après le coup d’Etat de 2009, le chef de la HAT a modifié la Constitution en sa faveur pour lui permettre de se porter candidat. Le référendum a été brouillon et unilatéral, n’ayant pas été reconnu comme démocratique.

Andry Rajoelina a reconnu que lors du Sommet de la Sadc, il y a eu une proposition selon laquelle ni lui ni Marc Ravalomanana ne devraient se présenter aux présidentielles de mai 2013. « La décision revient au premier concerné, cela dépend de moi », telle est sa position. Comme d’habitude, le chef de la HAT se contredit aussitôt. « Si Marc Ravalomanana accepte de ne pas perturber le pays et de ne revenir qu’après les élections, je pourrais ne pas me porter candidat ».

« Une telle proposition n’est plus valable puisque Marc Ravalomanana n’a pas accepté, car il veut rentrer au pays et se présenter aux élections ». En clair, Andry Rajoelina devrait donc se porter candidat si celui qui l’a renversé par le coup d’Etat militaro-civil de 2009 arrive à ses fins pour obtenir le verdict des urnes.

La HAT et les chefs de « l’armée de la mouvance Rajoelina » sont pourtant sur la pression. Ils devraient se pencher sur la question du retour du président renversé en 2009. « Afin d’éviter l’effusion de sang, il faut une collaboration entre la troïka, les forces de l’ordre et les autorités pour voir les conditions et le moment d’un tel retour », affirme Andry Rajoelina. La violation de l’article 20 de la feuille de route serait donc officialisée. « Il y aura une évaluation de 30 à 60 jours avant de prendre la décision ». Andry Rajoelina veut jouer la montre pour avoir un argument plus crédible dans la disqualification de Marc Ravalomanana. La loi électorale votée unilatéralement contient un article spécialement à cet effet.


 

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