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Richard Ravalomanana, général de la division et la complainte des chefs 27/12/2012 | 08:26:37

Le chef de la Transition a joué au père Noël et a encore gâté ses amis de l’armée et de la gendarmerie. 13 nominations aux grades de général de division et 18 aux grades de général de brigade, les étoiles pleuvaient sur le sapin. C’est la deuxième fois depuis la transition que l’homme fort du régime, l’incontournable Richard Ravalomanana, a été gâté par le père Noël. Son cas illustre le caractère politique de certaines nominations.

Passé en deux ans du grade de colonel à général de brigade, Richard Rravalomanana est logiquement récompensé pour toutes ses actions et faits d’armes visant à rétablir l’ordre et la sécurité et à mâter toute forme d’opposition au régime de transition. Il n’a certes pas pris part au coup d’Etat militaro-civil de 2009 mais a largement contribué à maintenir Andry Rajoelina au pouvoir par son savant usage légal de la force.

Son irrésistible ascension après avoir été nommé général avant tous ses collègues de la 13ème promotion de l’Académie militaire a eu raison du général Bruno Razafindrakoro, l’un des officiers à s’être rallié à Andry Rajoelina en 2009, au poste de Commandant de la gendarmerie. Si l’armée est divisée puisque toutes les mouvances politiques y ont leurs éléments fidèles, la gendarmerie a été acquise à la HAT.

Quoi qu’il en soit, le désormais général de division Richard Ravalomanana a rempli tous les critères pour monter en grade, soit deux années, au minimum, de port de grade et aux postes de haute responsabilité. Il est devancé de quelques mois par l’ancien ministre de l’Environnement, le général Herilanto Raveloharison. La nouveauté avec cette transition a été de voir des généraux à la tête d’un corps de l’armée, une mission confiée généralement à un colonel. 
Pour avoir des alliés surs, Andry Rajoelina n’a remplacé aucun chef de corps durant la transition, à moins d’un cas de force majeure comme un décès. Ils sont 18 colonels à accéder au grade de général de brigade. Ils ont rempli les conditions de six années, au minimum, de port de grade ; ayant occupé des postes de haute responsabilité et étant âgé de moins de 56 ans. 

Ne les critiquez pas, soutenez-les sans condition

Dans leur communication au conseil des ministres, les hauts responsables des forces armées évoquent des mesures correctives des interventions sur le terrain et demandent le soutien et la confiance de la population et du gouvernement. Ils réclament un soutien moral et souhaitent que les critiques cessent.

Les 3 commandements de l’armée, de la gendarmerie et de la police reconnaissent que leur fonctionnement a été très perturbé à la suite de multiples sollicitudes qui ne sont pas pourtant étrangères à leur mission officielle, c’est-à-dire maintenir et rétablir l’ordre public, sécuriser la population... « Des dizaines d’éléments ont trouvé la mort en accomplissant leur mission de protection de bien et des personnes pendant les opérations de secours et d’intervention au profit des victimes notamment des vols de zébus ».

Les trois entités se plaignent des voix discordantes et des critiques « qui s’élèvent pour qualifier cette opération (Tandroka) de secours aux victimes, de génocides ou de massacre aveugle de masse. Les éléments opérationnels sont taxés d’exactions barbares de toutes sortes ». Un dénigrement qui serait « renforcé par les entités nationales ou internationales se prévalant de s’occuper des droits humains ».

« Rien n’est parfait... mais il ne faut pas jeter l’anathème aux seuls éléments sur le terrain qui y sont sur ordre du gouvernement », se lamentent les commandements. « La polémique et le dénigrement intempestif ne sont pas pour faciliter le maintien de la discipline et du moral de nos Forces Armées et Forces de l’Ordre qui sont le dernier rempart de notre République. Elles méritent le soutien de la Nation sur tous les plans ». Si on ne peut plus critiquer l’armée et les forces de l’ordre au même titre que son présumé chef suprême, les bavures et les excès vont continuer tranquillement.


 

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