dimanche , 2 octobre 2022
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Les deux femmes-clés du processus électoral à Madagascar en 2013 ont uni leur voix pour signaler l’urgence de certaines mesures politiques afin de parfaire la préparation technique des scrutins. La présidente de la CENIT et la coordinatrice du Système des Nations unies ont insisté sur l’adoption rapide d’une loi d’amnistie et la publication au plus tôt des noms des candidats éligibles puis des candidats définitifs. Au-delà de l’impatience de voir la situation politique et l’apaisement avancer, le bulletin unique est au coeur de toutes les préoccupations.

Elections : urgence politique et bulletin unique

C’est la première fois que Béatrice Attalah de la CENIT et Fatma Samoura du PNUD interpellent de manière aussi directe le gouvernement et la classe politique dans le cadre du processus électoral. La loi d’amnistie doit être adoptée aux plus vite ! A moins de 5 mois de l’échéance présidentielle, il y a officiellement urgence. La CENIT et ses partenaires de la communauté internationale souhaitent que cette amnistie se fasse dans les semaines à venir et surtout bien avant la fin du délai de dépôt des candidatures.

Le motif invoqué est le temps nécessaire à l’impression des bulletins uniques et surtout à la familiarisation des électeurs malgaches avec. Selon Fatma Samoura, il est important de savoir au moins 120 jours à l’avance le nom des candidats à l’élection présidentielle même si la fin du dépôt de candidature est fixée par la loi à -90 jours. Ce mois supplémentaire permet de décider ce que l’on va faire avec le bulletin unique. « Ce n’est pas la même chose quand il y a 13 candidats ou 30 », explique, la représentante des Nations-Unies. Selon elle, savoir en avance le nombre de candidats permettra de décider s’il faut imprimer un carnet ou une feuille.

Il faudra ensuite familiariser les électeurs avec ce premier bulletin unique de l’histoire. L’expérience est considérée comme nouvelle puisque personne ne semble tenir compte du simulacre de référendum de 2010, visant à permettre Andry Rajoelina de rester indéfiniment au pouvoir durant une transition non limitée dans le temps, et surtout de lui permettre d’être candidat tout en empêchant le président renversé en 2009 d’être dans la course. Il s’agira le temps venu pour la CENIT de vulgariser l’usage du bulletin ou du carnet de vote.

En même temps, la communauté internationale veut s’assurer que l’impression de plus de 10 millions de bulletins de vote soit terminée à temps. Cela ne veut pas pour autant dire que les bulletins seront imprimés avant même que les candidatures soient validées et officialisées. La CENIT souhaite que le processus politique et les préparatifs techniques soient terminés. 
Béatrice Attalah appelle les acteurs politiques malgaches à prendre leur responsabilité et voter le plus  tôt possible cette loi d’amnistie. Certains candidats déclarés comme Pierrot Rajaonarivelo et les AS de la politique que sont Jean Eugène Voninahitsy et Pety Rakotoniaina le réclament avec insistance.

Il faudra s’armer de patience pour que la mouvance Rajoelina finisse de marchander. Quelles conditions va-t-elle poser puisque sa ministre de la Justice ne pourra pas faire grand-chose à part de faire pression pour que certaines personnalités sujettes à une condamnation politique, à commencer par Marc Ravalomanana ne puissent pas être amnistiées.

Le comité pour la réconciliation est en place, mais pas encore opérationnel. Une amnistie après les élections devait écarter les adversaires du régime. La non-candidature de Rajoelina et de Ravalomanana, les principaux protagonistes de la crise et tous deux futurs bénéficiaires de l’amnistie, n’a pas simplifié la donne. Les petits calculs et marchandages politiques ne sont pas finis.