lundi , 15 juillet 2024
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La fermeture de la chaîne Viva Tv appartenant au maire de la capitale est une occasion pour ceux qui sont mécontents à l’égard de l’équipe au pouvoir de tirer à boulets rouges sur le président et le gouvernement, par médias interposés.

Quand la radio Viva se met en colère

Depuis le 13 décembre, la chaîne privée Viva Tv n’émet plus à la suite d’une décision d’interdiction de diffusion du ministère des télécommunications, des postes et de la communication. La chaîne a été en effet frappée d’une décision de fermeture après avoir diffusé en intégralité, pour une durée d’une quarantaine de minutes, les propos de l’ancien président Didier Ratsiraka, en exil à Paris depuis sa chute en 2002. Des propos susceptibles, selon le gouvernement, de porter atteinte à l’ordre public.

La radio Viva n’est toutefois pas concernée par cette mesure ministérielle. Depuis quelques jours tous les mécontents du pouvoir se retrouvent sur la radio Viva pour dénoncer la fermeture de Viva Tv et, surtout, pour appeler la population à réagir contre la décision d’interdiction de diffusion de la chaîne appartenant au maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina.

Durant le week-end du 20 décembre, le jeune maire de la capitale a été très ferme lors d’une émission spéciale diffusée simultanément sur la radio Viva, sur radio Antsiva et sur la Radio Don Bosco, d’obédience catholique. Un ultimatum a même été lancé à l’endroit de l’équipe au pouvoir pour la réouverture de Viva Tv avant le 13 janvier 2009.

Tous les matins, trois journalistes assez connus pour leur antipathie à l’endroit du président Marc Ravalomanana animent une émission spéciale sur Viva radio. Il s’agit de Lalatiana Rakotondrazafy, de Rolly Mercia et de Soava Andriamarotafika. L’émission donne le champ libre à des auditeurs pour une intervention téléphonique directe à l’antenne pour s’exprimer notamment sur la fermeture de la chaîne Viva. Dans la plupart des interventions, c’est à peine si les auditeurs n’appellent pas la population à descendre dans la rue. L’ultimatum de Andry Rajoelina pour la réouverture de sa chaîne de télévision a par ailleurs alimenté les débats politiques au cours des derniers jours. Que fera le maire de la capitale si le gouvernement ne revient pas sur sa décision ? C’est la question qui ne trouve pas réponse pour le moment. Entrera-t-il dans une logique de défi ?

Pour sa part, le président Ravalomanana évite de parler du cas de la chaîne Viva et du maire de la capitale pour ne pas envenimer la situation. Après un temps d’accalmie, le président de la République, Marc Ravalomanana, et le maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, entrent de nouveau dans une logique d’affrontement. Jusqu’à quand ?