dimanche , 29 janvier 2023
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L’ancien ministre sous le régime Ravalomanana a reçu une très haute distinction de la République française France. Ce grand honneur récompense le parcours exceptionnel de ce professeur de Lettres devenue la première femme ministre de la Défense nationale.

Cécile Manorohanta élevée à la dignité de Commandeur de la Légion d’Honneur

« Mme Cécile Manorohanta, au nom du président de la République Française, nous vous remettons les insignes de commandeur dans l’ordre de la Légion d’Honneur ». L’ambassadeur Jean Marc Châtaigner a distingué une femme malgache qui a su mener de front une carrière professionnelle aux multiples facettes, universitaires et politiques, et une vie de mère de famille en charge de l’éducation de 2 filles.

Elevée à la dignité de commandeur de la Légion d’Honneur, cette femme malgache se voit récompenser pour son parcours tout à fait exceptionnel. « Dans les différents postes qu’elle a occupés, elle aura été une partenaire fidèle, francophone et francophile, qui aura su rester fidèle aux valeurs de liberté que prône partout la francophonie dans le Monde ». Cette distinction ne serait pas motivé par les événements politiques de 2009, ayant déjà attribué à Manorohanta Cécile en décembre 2008.

Cécile Manorohanta entre au gouvernement en 2007 et est nommée vice-ministre de l’éducation nationale chargée de la recherche scientifique, poste qui correspondait à sa formation universitaire. « A priori, rien ne la prédestinait donc à devenir ministre de la Défense Nationale en octobre 2007, si ce n’est le fait d’être fille et femme de militaire », souligne l’ambassadeur de France. Son époux, le colonel Jean-Adolphe Dominique, est membre du CMDN.

Appelée par le Président Marc Ravalomanana, Mme Manorohanta prend la tête d’un ministère essentiellement masculin, la féminisation des forces armées se résumant à une quinzaine de médecins militaires. Femme de dialogue, toujours à l’écoute de ses subordonnés, elle mesure rapidement l’ampleur de la réforme que lui a confiée le président.

La ministre organise alors des groupes de travail chargés de définir un concept de défense et de proposer une restructuration en profondeur de l’appareil de défense malgache. « Alors que ce projet de réforme prend corps, la crise politique du début d’année réduit à néant ce fastidieux travail, dont j’espère qu’il n’et pas tout à fait perdu et qu’il sera un jour repris », dit Jean Marc Châtaigner.

« Femme de conviction, ne tergiversant pas sur ses principes moraux, elle sera la première à remettre sa démission au Président Marc Ravalomanana après la tuerie du 7 février à Ambohitsorotra, ne voulant pas cautionner l’action de militaires tirant sur leurs concitoyens. Cette décision est unanimement saluée et mérite notre respect ». Jean Marc Châtaigner salue trois qualités essentielles qui caractérisent cette femme d’Etat : la fidélité à des vraies valeurs, la foi dans Madagascar et la franchise.

En 2002, Cécile Manorohanta  intègre, en qualité de membre, la commission régionale d’experts de l’Agence Universitaire de la Francophonie auprès du bureau local de l’Océan Indien. « Votre action en faveur de la francophonie y a été, je sais Madame, en tous points exemplaire », félicite l’ambassadeur Jean Marc Châtaigner. En 2006, madame Manorohanta  accède à la direction de l’antenne malgache du Forum des Femmes Educatrices Africaines.

Universitaire de formation, Mme Manorohanta a occupé des postes de responsabilité importants comme celui de Chef du Département d’Etudes Françaises de la Faculté des Lettres et des Sciences en 1996 ou encore Doyenne de cette même faculté deux ans plus tard. Aujourd’hui en retrait de la vie politique, elle a repris son poste de présidente de l’université d’Antsiranana.