lundi , 8 août 2022
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Des habitudes alimentaires demeurées aléatoires Une épidémie de grippe fait des ravages dans plusieurs régions de l'île. Elle frappe surtout les paysans.

Des habitudes alimentaires demeurées aléatoires

L’épidémie de grippe mortelle ces temps-ci évolue jusqu’à présent dans les zones productrices de riz. Ce sont surtout les paysans qui en sont victimes. 95% des malades sont décédés avant d’avoir reçu des soins adéquats auprès des centres de santé. Une catastrophe qui a obligé Pety Rakotoniaina, Président de la Délégation Spéciale de Fianarantsoa, de déclarer « zone sinistrée » une partie de la province autonome. Pour leur venir en aide, le pouvoir central a fait appel aux médecins et paramédicaux volontaires et a expédié en urgence des lots de médicaments.

D’habitude ces opérations de sauvetages ou d’urgences médicales se limitent aux grandes villes ou aux grands axes de communication et on se contente d’expédier des médicaments dans les centres de soins reculés. Autrement dit, les interventions sont confinées aux chefs lieux des communes rurales et à charge pour le médecin résident de la circonscription de s’occuper des malades des campagnes ou des fokontany comme ce fut le cas lors de l’épidémie de choléra en 2000.

Interrogé sur l’épidémie de grippe dans sa circonscription, un médecin résident d’une commune rurale du fivondronana d’Ikalamavony Fianarantsoa indique que sa commune a été épargnée par cette catastrophe. Toutefois, indique-t-il, il ne serait pas surpris si cette épidémie frappe sa commune et ferait autant de ravage. Le vrai problème est d’ordre alimentaire et il précise qu’avec une ration alimentaire des plus réduits l’organisme de l’individu succombe facilement aux assauts de nouveaux virus. Pendant une majeure partie de l’année, les habitants des coins reculés de sa commune prennent comme seul repas du riz accompagné de piment et du sel. Bien qu’ils soient des éleveurs, ils n’ont pas coutume de boire du lait et refusent de s’y mettre. Les uns accompagnent quelque fois leur plat de riz du poisson séché trempé dans de l’eau à moitié bouillie. Les rares moments où ils mangent de la viande c’est lors des évènements familiaux.

Bref, soutient ce jeune médecin qui a déjà à son actif quelque 5 ans de service dans diverses campagnes de l’île, tant que la sensibilisation et la conscientisation sur le mode alimentaire nutritif demeure le monopole des centres urbains et de ses environs, et encore!, les paysans ne changeront pas d’habitude alimentaire. Leur pauvreté aidant, les aventures ne les tentent guère. De l’avis de ce médecin, il faut que les associations et Ongs à caractère socio-sanitaire sillonnent régulièrement dans les fokontany et villages pour sensibiliser les ruraux car le médecin et son maigre personnel des centres de santé de base ne peuvent l’effectuer. Le temps de faire un constat de décès à près de 5 heures de marche pour un aller simple et le poste sanitaire doit être fermé. Notre interlocuteur note que des commerçants ambulants sillonnent les villages et vendent en même temps des médicaments, aidant d’un côté les paysans mais de l’autre favorisant l’automédication qui peut être fatale.

RAW