mardi , 31 janvier 2023
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Alors que l’Ile de la Réunion s’est embrasée pour protester contre le coût élevé de la vie, Madagascar est toujours dans sa léthargie. La hausse des prix des carburants est une fatalité qui commence à engendrer une inflation généralisée. Trois ans après la promesse de diviser les prix des PPN par deux pour justifier le coup d’Etat, le régime HAT vit de manière aisée contrairement aux 20 millions de consommateurs malgaches. Les associations de consommateurs lèvent la voix tandis que la population montre sa capacité d’endurance.

Hausse des prix : les malgaches champions en endurance !

On a tendance à oublier leur existence, les associations des consommateurs se manifestent enfin pour condamner la spirale de la hausse des prix. La goutte d’eau qui a fait déborder a été l’augmentation appliquée sournoisement par les opérateurs téléphoniques. « Ces opérateurs font mine de jouer la concurrence et simulent la guerre des prix, mais au final, ils s’arrangent entre eux comme le font les compagnies pétrolières », s’indigne le président de l’ASCOMA, Lyms Rakotovao.

L’Association des consommateurs malagasy appelle les usagers de téléphonie mobile à manifester leur mécontentement. « Il faut limiter les appels au strict minimum, nous devons faire comprendre à ces opérateurs que nous protestons en faisant à ce que leur chiffre d’affaires baisse de façon nette ». Une telle mobilisation des consommateurs a déjà eu lieu. Le boycott de la viande de porc ou encore du transport en commun avait permis d’éviter une hausse des prix.

Une inflation générale aux rayons PPN

L’essence a finalement augmenté de 150 ariary au lieu des 300 ariary prévus, la hausse étant annoncée comme progressive. Une autre convention entre les opérateurs pétroliers et l’Etat est prévue avant d’appliquer la vérité des prix réclamée par les compagnies de distribution et les gérants de stations-services. La première hausse a été constatée sur les charbons de bois, l’énergie domestique de 80% des habitants dans les villes. Le prix du sac est passé de 10 000 à 20 000 ariary avec des pointes à 40 000 après des opportunistes nouveaux marchands de charbons en chemise blanche durant et après les jours de pluie.

Les prix des viandes ont augmenté de 25% depuis le début de l’année 2012. La spéculation suite à la réouverture de l’exportation de zébus vers Mayottes a raréfié la viande de bœuf sur les étales des bouchers. La forte baisse de la demande est avancée à la fois comme la cause et l’effet de la hausse des prix. Les fruits et légumes sont aussi plus chers de 10 à 20%. La cherté des produits alimentaires risque d’avoir un impact sur l’alimentation de nombreux malgaches.

Fausse promesse

Après le vandalisme populaire, politique et judiciaire sur l’empire agro-alimentaire Tiko, de nombreux consommateurs regrettent l’ancien temps ou le Vita Malagasy nourrissait son peuple. Les prix des PPN ont été parmi les prétextes du coup d’Etat populaire de 2009. Andry Rajoelina ne dénonçait-il pas le monopole de Tiko et affirmait pouvoir faire baisser le litre de l’huile à 2000 ariary contre 3200 ariary à l’époque. Les huiles bon marché de ses amis du Moyen-Orient sont restées au stade de la promesse. En 2012, le litre coûte 5500 ariary.

Pour le sucre, Andry Rajoelina a promis une solution interne, croyant pouvoir relancer la production de la Sirama. Le prix du kilo a flambé à près de 3000 ariary, faisant le bonheur des importateurs. Le marché malgache est inondé par des produits agro-alimentaires de basse qualité et très proche de la date de péremption. Ce n’est pas étonnant que les cas d’intoxication alimentaires se multiplient.

Enfin, le gaz risque de connaître une hausse de 20% pour atteindre les 60 000 ariary pour une bonbonne de 9 Kg. Malgré tout, les malgaches sont stoïques face à la hausse du prix de la vie. Tant que le riz est accessible, à moins de 2000 ariary le kilo, on a l’impression de manger à sa fin. Les tarifs des transports urbains vont aussi augmenter de 30 ou 60%. Avec un salaire minimum à 100 000 ariary, le taux des personnes vivant en dessous du seuil de la pauvreté risque de dépasser à nouveau les 70%.