vendredi , 3 décembre 2021
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« Kere » dans le sud de Madagascar : les uns parlent, les autres agissent
Andry Rajoelina a été beaucoup plus ému que le président.

« Kere » dans le sud de Madagascar : les uns parlent, les autres agissent

La famine ou « kere » sévit-elle dans le sud de Madagascar ? Oui ou non ? La réponse est loin d’être claire est les politiciens s’adonnent à une polémique sur le vocabulaire à utiliser. Derrière une guerre de propagande, la situation ne semble pas s’améliorer et ce sont les partenaires techniques et les bailleurs de fonds qui sont les premiers mobilisés pour intervenir d’urgence tout en mettant en place une solution à long terme. Le gouvernement n’a de mieux à proposer qu’un atelier à l’issu duquel des pistes de solutions seront couchées sur papier.

Sur le terrain, le gouvernement et même la présidence de la république ont été devancés par « l’opposant » et « futur candidat empêché » Andry Rajoelina qui a apporté de « l’amour », de l’aide et du réconfort. « Je sais que la famine sévit, je devais voir par moi-même, a déclaré l’ancien président de la Transition… Nous savons que vous manquez de l’eau, nous vous apportons de l’eau». Il a accusé de « Menteur» ceux qui prétendent que la famine est un boniment raconté par des opposants. « Je constate de visu que le kere existe à Madagascar », a-t-il insisté.

La réponse du président en exercice n’a pas été tendre, lui qui niait l’existence de la famine. Photos et images d’illustrations anciennes, opérations de communication, propagande pour 2018… les insinuations visaient Andry Rajoelina. La présidence se réserve même le droit de venir en aide et de réconforter s’il y a besoin les populations. L’escalade n’a pas eu lieu mais d’aucun s’étonnaient de la réaction vindicative de Hery Rajaonarimampianina sur un sujet qui touche l’humanitaire. A la population de Beloha, il a dit comprendre le problème et a parlé de changement climatique. « C’est pourquoi, nous sommes là pour vous assister, pour vous apporter des solutions dans le développement de cette région, dont le plus crucial est le manque d’eau » a déclaré le Président.

Etre résilients aux chocs environnementaux

Les partenaires de Madagascar agissent avant de parler. Ils sont déjà sur le terrain en train d’apporter des solutions, loin des discours des politiciens. Le PAM estime que 1 million de personnes sont concernées par la malnutrition. L’Unicef demande à ce que les actions soient mieux coordonnées. L’Union Européenne investit dans des solutions à long terme. Elle finance à hauteur de 63 millions d’Euros le programme d’Amélioration de la Sécurité Alimentaire et Augmentation des Revenus Agricoles (ASARA) et le programme d’Actions Intégrées en Nutrition et Alimentation (AINA). Le but est de lutter contre la pauvreté rurale à travers le développement d’une agriculture durable sur les plans économique, sociale et environnementale. Une augmentation du revenu agricole permettra à 150 000 ménages d’améliorer leur statut nutritionnel. 130 000 enfants de moins de 5 ans bénéficieront de ces programmes.

L’USAID apporte une aide urgente de 2 millions de dollars pour répondre à la situation actuelle. L’agence américaine travaille sur le long terme et alloue un financement de 75 millions de dollars pour aider les populations touchées à mieux vivre avec leur environnement, à subvenir leur besoin alimentaire grâce à l’agriculture. Elle se préoccupe particulièrement du sort des enfants de moins de cinq ans qui garderont une séquelle de la malnutrition sur le plan physique et cognitif.