vendredi , 21 juin 2024
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Les fêtes pascales, dans un pays où la religion chrétienne est prépondérante comme à Madagascar, sont l'occasion d'un certain recueillement, mais c'est, par ailleurs, une occasion d'évasion pour les citadins.

Pâques : une fête sous de multiples facettes

Les festivités pascales semblent, cette année, se dérouler essentiellement en dehors de la capitale, donnant aux Tananariviens l’occasion de s’évader, au moins le temps d’un week-end. Madagascar en général, et Antananarivo en particulier, étant profondément marqué par la religion chrétienne, la semaine sainte, a été célébrée dans le recueillement dans la capitale.


Depuis des lustres en effet, bien que la proportion des chrétiens ne dépassent pas les 5% de la population dans certaines régions du pays comme à l’ouest, contre plus de 60% dans d’autres régions comme à Antananarivo, les fêtes de pâques avaient toujours été célébrées avec fastes. Cette année, en plus, l’évasion est permise car, l’on s’en souvient, une année auparavant, les autorités d’Antananarivo étaient contraintes d’organiser diverses manifestations à l’intérieur même de la ville, pour cause de pénurie d’essence et d’insécurité consécutivement à la crise politique d’alors.


La ville d’Antsirabe, à 170 km au sud de la capitale, est une nouvelle fois devenue une destination prisée. Au programme de la ville d’eau – comme on l’appelle souvent – notamment, la « fête de la bière » et le salon Tremplin, un salon axé sur le sport. Cette ville autrefois très touristique, un « petit paradis » comme le qualifiaient les colons une cinquantaine d’années auparavant, a connu depuis lors une importante dégradation. Et les autorités municipales tentent, aujourd’hui, de redonner à la ville une fière allure.


Dans les environs de la capitale également, les festivités ne manquent guère. Elles se dérouleront, contrairement donc à l’année dernière, en dehors du centre ville. Sur la route nationale N°7 (Sud) l’attention sera focalisée sur la localité d’Ambatofotsy, à une vingtaine de kilomètres de la capitale. A éviter cependant pour les c½urs sensibles, surtout le lundi de pâques en raison de ses interminables embouteillages. A Ampefy (ouest), un autre lieu de villégiature de renom, la fête sera également au rendez-vous, comme à Ambohimanga (Nord). Sans oublier, à une dizaine de kilomètres du centre ville, à Ampitatafika, une série de manifestations religieuse, culturelle et sportive organisée par une association locale. Dans ces périphéries de la capitale, les meilleurs artistes iront animer les différentes manifestations tandis que la gendarmerie a promis une fête « sans accident », en mobilisant d’importants moyens matériels et humains.


Les principaux bénéficiaires de ces multiples activités seront, a priori, les transporteurs ainsi que les distributeurs de carburants qui, pour une raison totalement compréhensible, auraient renoncé à un projet de grève pour l’augmentation de leur marge bénéficiaire. C’est en effet l’un des rares moments où les citadins semblent se déplacer en grand nombre. Les organisateurs d’événement, eux, devront encore attendre la fin des manifestations pour, d’abord, effectuer le bilan après avoir épongé les factures avant de songer réellement à « faire la fête ».