lundi , 8 août 2022
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Trois publications quotidiennes sont en gestation à Antananarivo, la capitale. Le pluralisme est de mise, et cela donne l'impression d'une économie et d'une vie sociale en pleine animation.

Presse écrite : le vent en poupe

Un nouveau journal, de publication quotidienne, sera pour la première fois à la portée du public le 8 mars. « La gazette de la Grande Ile », tel est son titre. A sa direction figurent des têtes bien connues des autres publications quotidiennes de la capitale malgache. Mais qui, pour pouvoir ériger « une presse réellement indépendante », avaient décidé de rassembler leur savoir-faire, et leurs capitaux. Sauf que, pour au moins un certain temps, « La gazette » aura du mal à se défaire du cliché que la classe dirigeante a d’elle. Cette nouvelle publication, en raison de l’identité de ses fondateurs, est en effet réputée être proche de Pierrot Rajaonarivelo, Secrétaire national du parti AREMA, le parti de l’ancien président Didier Ratsiraka.

Pour connaître l’origine des capitaux de la nouvelle publication, les autorités politiques n’auraient point hésité à appeler à la rescousse le service secret malgache, la DGIDIE. Laquelle, selon des informations rapportées par la presse, devait, pour disposer de plus amples renseignements, convoquer certains des fondateurs du journal.  


Le staff dirigeant, malgré les explications fournies, il est vrai, a donné la puce à l’oreille du gouvernement. Le directeur de la publication, Rolland Rasoamaharo, fut indéniablement, avant la prise du pouvoir par Marc Ravalomanana, un des proches conseillers de Pierrot Rajaonarivelo, alors vice- Premier ministre. Le directeur général, Franck Raharison, et le Secrétaire général de la rédaction, James Ramarosaona ? qui est à la fois le président du conseil de l’ordre des journalistes -, tous deux anciens journalistes du quotidien Madagascar Tribune, sont réputés être très proches également de l’ancien vice-Premier ministre. De même, Le directeur financier, Salomon Ravelontsalama, et le directeur de la rédaction, Patrick Andrianjafy, deux anciens journalistes du groupe de presse Midi Madagasikara, se sont aussi fait remarqués par une certaine collusion avec l’équipe du Secrétaire national de l’AREMA.


« Pierrot Rajaonarivelo n’a pas injecté un franc pour mettre sur pied La gazette », s’en défend, cependant, ses principaux fondateurs. Le directeur de la rédaction devait préciser qu’à part leurs fonds propres, afin de mettre sur les rails le journal, ils ont dû recourir à un partenaire financier. Il s’agirait de la SBM, une banque mauricienne implantée à Madagascar depuis quelques années.


Les imprimeurs locaux, dont certains sont déjà éditeurs de journaux quotidiens, auraient convenu de ne pas réaliser les travaux d’impression de « La gazette ». Mais, finalement, l’un d’entre eux, le propriétaire de la New print, en attendant que « La Gazette » dispose de son imprimerie, avait accepté de prendre en charge ces travaux. Ce qui, malgré les embûches, permettra à ce nouveau journal de paraître le 8 mars.


Certains confrères, sans prendre en considération les éventuelles convictions politique et idéologique de « La Gazette », se réjouissent néanmoins de la naissance d’un nouveau journal. Lequel devrait, sous divers aspects, contribuer à renforcer la concurrence et le pluralisme. Signe d’une indéniable vitalité de la vie sociale et économique. A compter du 8 mars, ainsi, les cinq journaux quotidiens de Madagascar seront édités et publiés à partir du même quartier, celui d’Akorondrano, une zone industrielle d’Antananarivo. Mais sur un autre front, deux autres publications quotidiennes sont en gestation. L’une serait entièrement en malgache. Elle appartiendrait à l’éditeur même du quotidien l’Express de Madagascar, un journal bilingue. L’autre serait concoctée par les proches du président Marc Ravalomanana qui, dans le contexte actuel, aurait senti le besoin de la création d’un nouveau quotidien pour mieux assurer sa communication politique. Cela, malgré le fait que deux quotidiens du groupe Midi, soient déjà entièrement acquis à sa cause.