mardi , 18 janvier 2022
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Sans-abris : Une sensibilisation difficile à Antananarivo
Très peu de sans-abris viennent au centre qu leur est destiné. Photo: ministère de la Population

Sans-abris : Une sensibilisation difficile à Antananarivo

Deux centres d’accueil pour les sans-abris et sans domiciles fixes, qui passent la nuit dans les rues de la capitale, ont été mis en place récemment. Mais les agents du ministère de la population viennent de se rendre compte que très peu d’entre les sans-abris d’Antananarivo y sont attirés.

Localisés dans deux quartiers contigus, Isotry et Ambalavao Isotry, les deux centres d’accueil ont une capacité respective de 1000 et de 800 personnes, mais durant la fête de Noël, à peine une centaine de personnes décidé d’y passer.

Malgré une série de sensibilisation effectuée auprès des sans domiciles fixes, qui passent la nuit dans les rues ou sous les deux tunnels de la capitale, il n’y a pas eu de résultat satisfaisant. Pour des raisons non encore explicables, pour le moment, la plupart des sans-abris semblent préférer passer la nuit dehors.

Une tentative de les déplacer par la force a été décidée par la mairie de la capitale à un certain temps, mais une fois qu’on leur laisse le libre-choix, les sans-abris optent pour la rue. Initialement, pourtant, les centres d’Isotry et d’Ambalavao Isotry étaient censés les accueillir la nuit pour qu’ils puissent vaquer à leurs occupations habituelles durant le jour. Mais la situation n’a pas beaucoup évolué. La sensibilisation s’avère compliquée.

Au cours des dernières décennies, cependant, on a assisté à une augmentation sensible du nombre de personnes, souvent avec des enfants et des nouveau-nés, qui passent leur vie, nuit et jour, dans les rues de la capitale.

Le phénomène est incontestablement lié à l’exode rural d’une frange non négligeable de la population. L’une des principales conséquences est le manque d’hygiène et la prolifération de la défécation à l’air libre à différents endroits d’Antananarivo. Un problème sanitaire de plus en plus fréquent et inquiétant mais qui reste sans solution durable. Car les actions manu militari pour faire déplacer les sans-abris ne sont pas toujours vues d’un très bon œil par une partie de la population de la capitale. Un choix difficile pour les autorités communales et gouvernementales.