lundi , 15 juillet 2024
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Malgré un bilan de trois morts, l’incontournable colonel Richard Ravalomanana estime que le pire a été évité après que plusieurs actions terroristes ont été planifiées à Antananarivo dans la nuit du samedi au dimanche 19 juillet. L’attaque meurtrière du siège de la station de télévision Viva est le symptôme de l’escalade de la violence.

Série d’attaques terroristes ciblées à Antananarivo : l’escalade ?

Depuis quelques semaines déjà, Antananarivo et ses environs ont connu un climat d’insécurité en raison d’une série d’attaques à mains armées liées à des vols. Dans la nuit du samedi au dimanche 19 juillet, l’escalade de la violence a pris une autre tournure. Plusieurs projets d’attentats ciblés ont été désamorcés. L’alerte est au maximal.

Un groupe d’hommes s’est attaqué sans ménagement à la station Viva à Ambodivona. Deux agents de sécurité ont abattus. Le premier s’est enquiert auprès des assaillants l’identité de ces derniers et de la raison de leur présence. Il a été abattu par balle et à bout portant. Le deuxième a pris la fuite pour se réfugier dans une  voiture mais il a été débusqué par les hommes armés. Extrait de sa cachette, il a été abattu froidement.

Un autre agent d e sécurité a eu plus de chance puisqu’il a été touché à la jambe. Face à la détermination de ces assaillants, ces agents civils ne pouvaient faire grand-chose. Un des leurs a réussi à sortir de l’enceinte du complexe Tana Water Front. Il  a alors croisé la route des gendarmes emmené par le colonel Richard Ravalomanana qui, ayant été informé de l’attaque, s’est rendu à Ambodivona. 

Une fois sur les lieux, la présence du détachement conduit par le chef de circonscription de la Gendarmerie à Antananarivo, arrive trop tard. Le colonel Ravalomanana  a été retardé par les barrages dressés sur plusieurs axes principaux de la ville d’Antananarivo. Leur première descente sur terrain sur terrain a été Ambohibao.

Une voiture a explosé dans le quartier, près du croisement. Le bilan fait état d’un mort, de deux blessés graves et d’un blessé léger. La fouille opérée sur ce dernier a permis aux enquêteurs de conclure qu’il s’agit de « terroristes » et non pas de « victimes ». Une carte dessinée à la main montrant les barrages à installer sur les grandes artères de la ville, une liste des cibles à atteindre ont été trouvées. Le lien est établi entre les événements d’Ambohibao et d’Ambodivona.

C’est une véritable guerre que ceux que les autorités qualifient de « terroristes » ont tenté de mener. Des bases militaires et de la gendarmerie ont été prises pour cibles. Ce ne sont pas des camps ordinaires puisqu’ils abritent des forces d’intervention. Une bombe a été trouvée dans le camp du 1er RFI (Régiment de force d’intervention) où sont installés les commandos parachutistes. Des engins explosifs ont été désamorcés au camp Fort Duchesne, une des bases des forces de la gendarmerie.

Les « terroristes » ont aussi planifié de s’attaquer au Commissariat central et au camp de la gendarmerie à Ankadilalana où sont menées les enquêtes sur les récentes troubles. Les locaux du CNME, la commission qui avait les commandants Charles Andrianasoavina et René Lylson comme chefs d’opération, ont aussi été visés. Ces derniers ont été mutés à la tête de la Force d’intervention spéciale qui a pour mission de lutter contre les actes terroristes. On s’étonne presque que le colonel Ravalomanana leur a volé la vedette dans les événements de la nuit du 19 juillet.