lundi , 15 juillet 2024
enfrit
Les squatters des rails du quartier d'Ampefiloha, depuis le 1er avril, ont quitté cet endroit qu'ils avaient occupé depuis une dizaine d'années. Et sans attendre une évacuation manu militari.

Une première réussite dans l’assainissement de la capitale

Si, effectivement, il n’y a que le premier pas qui coûte, la Commune urbaine d’Antananarivo, en étroite collaboration avec le ministère malgache de la population, peut s’enorgueillir d’avoir pu, en un temps relativement court et sans l’aide des forces de l’ordre, évacuer du quartier d’Ampefiloha quelque millier de sans abris qui avaient occupé illicitement, des années durant, les rails du réseau national des chemins de fer. Depuis le 1er avril en effet, les occupants des lieux avaient accepté de démolir eux-mêmes les cabanes sordides, construites avec des morceaux de bois et des plastiques, dans lesquels ils vivaient.


Les anciens squatters, dans la majorité des cas, seront réinsérés, avec le soutien d’organisation non gouvernementale, dans leur village d’origine ou dans un milieu périphérique de la capitale. Ils étaient quelque 245 familles à avoir quitter, finalement, les rails d’Ampefiloha, un endroit ironiquement appelé « La Réunion kely ». Ce qui, en tout, représente plus de 1000 individus. Et tous ne sont pas contents. Car certains d’entre eux – pour ne pas dire beaucoup – auraient préféré le statu quo. Beaucoup n’auraient pas souhaité quitter les rails d’Ampefiloha pour s’adonner, chaque jour, à des petits commerces informels ou encore à des récupérations d’objets jetés dans les bacs à ordures d’Antananarivo, la capitale.


Depuis le 1er avril, ainsi, quand les derniers récalcitrants ont quitté les lieux, la Commune d’Antananarivo avait mobilisé un peu moins de dix camions et une pelleteuse pour nettoyer les lieux. Et les agents de la police municipale, pour l’occasion, se sont mués en éboueurs professionnels pour accélérer le travail. Car plusieurs tonnes de détritus devront être enlevées de « La Réunion kely ». Un grand pas est donc franchi vers la concrétisation d’un rêve des autorités communales : une capitale sans SDF.