lundi , 8 août 2022
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Au Tahala Soimanga qui a ouvert ses portes en février dernier, une exposition à visiter jusqu'au 11 avril prochain consacré à la commémoration du 29 mars 1947. Matinée pour tout public, après-midi consacré exclusivement aux écoliers.

29 mars 1947: L’Histoire en Bande dessinée

M. RATOVOHERINIRINA Ramika Michel, dessinateur au sein du Studio de dessin Soimanga, nous donne des précisions sur l’exposition commémorant les évènements de 1947, intitulée « ny tantara an-tsarin’ny 29 mars 1947 » ou l’histoire dessinée du 29 mars 1947.


Vato ambany riana, c’est le titre de la BD exposée ici. Comment traduire ce titre ?


Ce titre constitue la première partie d’un proverbe : « vato ambany riana, tsy mikorontana fa mifandami-toerana ». Autrement dit, les pierres qui se trouvent sous une cascade ne sont point désordonnées mais s’arrangent pour trouver la place qui leur convient dans leur milieu. La lutte de 1947 – et les autres mouvements qui eurent lieu avant ou après – ne constituent donc pas vraiment des troubles, mais plutôt un moyen pour que chacun puisse se mettre à la place qui lui est destinée?


8 dessinateurs ont réalisé les 68 pages en 7 mois. La BD regroupe des témoignages, et est basée sur des documents d’archive ou historiques. On y trouve des faits authentiques, des personnages réels et fictifs. On expose ici une vingtaine de planches en noir et blanc que l’on a agrandi.


Sortie en 1987 sous le patronage du Ministère de la culture de l’époque, elle a été éditée à 3000 exemplaires tous épuisés (vendus par le Ministère lui-même, ou destinés aux écoles pour servir de livre d’histoire). Une réédition est actuellement en cours.


Que trouve-t-on dans cette BD ?


L’histoire ne s’oublie pas. On démontre ce qui s’est passé et on pose la problématique : qu’est ce que la lutte a apporté, quel résultat pour le sang versé.


La BD est subdivisé en 4 parties axées autour des évènements de 1947, l’histoire de Madagascar y est présenté comme un ensemble : l’invasion du pays par les Français, l’attaque de Manjakamiadana, les mouvements dans les provinces et les suites de la lutte.


On y retrace ainsi ce qui a généré la résistance des Menalamba puis des VVS aussi bien dans la capitale que dans les provinces. Lassés par l’oppression, une lutte dans tout Madagascar a été organisée à une date précise : le 29 mars 1947. Puis les deux Guerres mondiales, et une participation jugée trop active de la part des colonisés est une des raisons de la décolonisation de 1960, mais l’indépendance « sur papier » a entraîné les mouvements des années 70 sur lesquels la BD s’achève (les soulèvements dans le Sud, puis le mouvement estudiantin de 1972 et la Révolution socialiste de 1975).


Une préparation de la suite de « vato ambany riana » est en cours. Je ne saurais dire quand cette suite pourra être prête.


L’exposition ne comprend pas uniquement de la bande dessinée, dans le cadre de cette commémoration?


Le « Tahala Soimanga », comme son nom l’indique, est un centre culturel. Cette commémoration nous a amené à travailler avec des écrivains, ainsi qu’avec des professeurs d’histoire. Nous exposons donc avec les planches de « Vato ambany riana » des chants, des poèmes de Ondaty Ndroy, Elie Rajaonarison, Sakelidalana, Dimbiniala entre autres ayant trait au soulèvement et au patriotisme illustrés par nos soins.


Quel public rencontre-t-on ici ?


Des gens qui viennent par curiosité, des professeurs d’histoire, des chercheurs, et beaucoup d’écoliers, à qui on réserve tous les après-midi de notre expo. D?ailleurs jusqu?au 11 avril, l?agenda des visites est complet pour les après-midi, puisque des écoles, collèges et lycées aussi bien publics que privés ont d?ores et déjà fait leur réservation pour étudier l?histoire du pays à travers la bande dessinée.