dimanche , 29 janvier 2023
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Le bilan du passage ou plutôt de la traversée du cyclone Giovanna à Madagascar a fait état d’au moins 15 morts et près de 20 000 sinistrés. Les dégâts ont été nombreux sur des maisons et cages qui ne sont pas conçues pour résister à des vents forts, en particulier dans la partie Est. A Antananarivo, les eaux ont détruit et tué. Le pays s’organise pour faire face avec ses moyens.

Cyclone Giovanna, l’heure du bilan

Au lendemain d’une Saint-Valentin pluvieuse et venteuse, la partie est et les hautes terres centrales de Madagascar ont renoué avec le soleil. Cette embellie fait souffler tout un pays qui a eu finalement plus de peur que de mal. 17 morts et des dizaines de blessés, le bilan du cyclone Giovanna aurait pu être beaucoup plus lourd, car rarement un cyclone a pu traverser avec autant de vigueur tout le pays. Sa trajectoire légèrement inclinée vers le sud a élargi la surface touchée. Mercredi 15 février en fin d’après-midi, le cyclone a longé la côte sud-ouest de Madagascar dans le Canal de Mozambique. Un retour à l’intérieur des terres n’est pas à craindre.

Plusieurs localités touchées

Giovanna a frappé fort en entrant sur le territoire malgache dans la nuit du 13 février 2012. 7 décès ont été recensés à Brickaville et 8 autres à Moramanga. Les habitants de ces deux villes qui sont un peu à l’intérieur des terres ont été plus surpris que ceux de Vatomandry où les dégâts ont été nombreux, mais aucune victime à déplorer. Les constructions traditionnelles avec des murs et toits en matières végétales résistent très bien aux cyclones de moyenne puissance dans cette petite ville du bord de l’océan Indien. Au lendemain du passage de Giovanna, les habitations endommagées ont été pour la plupart réparées. A Moramanga et Brickaville, la reconstruction sera plus laborieuse.

A Antananarivo, ce sont les toits qui ont souffert. Une dizaine de maisons ont quand même été endommagées avec quelques cas de destruction. A Ambohimangakely, les eaux ont amené à l’écroulement d’une maison. La route est coupée sur la RN2 à cause de l’effondrement d’un pont.

Dans la commune de Sabotsy Namehana, l’inondation a fait des dégâts. Une digue a cédé, laissant la rivière de Mamba sortir de son lit. Deux personnes, dont un enfant, ont péri par noyade. Des voitures ont été emportées par les eaux. Dans cette zone rizicole de la périphérie de la capitale, plus de 400 ha de rizières ont été inondés. Sans un retrait rapide des eaux, les autorités de la commune craignent que les récoltes soient totalement perdues.

Réactions immédiates

L’APIPA, l’agence responsable de la plaine d’Antananarivo a pu éviter de justesse l’inondation des bas quartiers de la capitale. La station de pompage a été momentanément en panne faute d’électricité. Les eaux ont été évacuées par un système à écoulement gravitaire en ouvrant des vannes. Le canal d’Andriantany a pu être contrôlé. Au lendemain du passage du cyclone, la station de pompage fonctionne à nouveau, évacuant 3 mètres cubes d’eau par seconde, soit le tiers de sa capacité.

Les traces du cyclone Giovanna ont été balayées aussi vite que possible à Antananarivo, en dehors des gros dégâts. L’armée sous l’impulsion du Corps de protection civile a prêté main forte pour dégager les arbres coupés et les terres ramenées par les éboulements. La compagnie des eaux et de l’électricité a pu rétablir en partie le ravitaillement des quartiers.

Giovanna a fait près de 18 000 sinistrés. Le BNGRC, l’organisme national qui gère les risques et catastrophes est paré à venir en aide à 70 000 personnes dans la saison cyclonique 2011-2012, dans un scénario où 700 000 habitants sont touchés. Les autorités malgaches reçoivent aussi l’aide de pays ou organismes partenaires. Les Etats-Unis ont été les premiers à faire un geste en accordant un fonds d’aide d’urgence de 50 000 dollars. Des bâches et des kits d’hygiènes seront distribués aux sinistrés.