mercredi , 10 août 2022
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Depuis toujours, le bois reste, de loin, la principale source d’énergie pour les foyers malgaches. La politique mise en œuvre par les ONG et les institutions para-gouvernementales actuellement consistent donc, plutôt que de trouver immédiatement des énergies alternatives, à réduire les effets dévastateurs du recours aux bois énergie sur les forêts naturelles de la Grande Ile.

Environnement : Le bois, principale source d’énergie pour les foyers

A Madagascar, le bois est utilisé par plus de 90% des habitants comme source d’énergie domestique. Les foyers des grandes villes utilisant principalement le charbon de bois tandis que la population rurale est grande consommatrice de bois de chauffe. Depuis des décennies, la situation n’a pas beaucoup évolué.


La tendance notée a été par contre le recours de plus en plus fréquent, dans les villes, à l’utilisation des fameux «fatana mitsitsy», des cuisinières qui permettent de limiter la consommation de charbon de bois. A Antsiranana, à titre d’exemple, environ 40% des ménages utiliseraient le «fatana mitsitsy».


Ainsi, la consommation annuelle en charbon de bois est estimée entre 95 à 110 kg par habitant dans la Grande Ile.


Cette habitude est logiquement à l’origine d’une pression permanente sur les forêts malgaches. Cette forme de déforestation peut engendrer notamment dans certaines régions du pays l’érosion des sols, le risque de désertification, l’ensablement des cultures, voire la raréfaction des ressources en eau.


La plantation d’arbres et la reforestation artificielle en vue d’obtenir des bois de chauffe et du charbon est actuellement l’une des solutions requises. Madagascar possède encore en effet, aujourd’hui, de vastes étendues de terres pouvant être reboisées à des fins énergétiques.


Le bois constitue ainsi l’unique source d’énergie domestique accessible à la majorité des ménages, notamment ceux à faibles revenus. L’électricité et le gaz restent des sources d’énergie de luxe pour le cuisson pour la majorité de la population. C’est une réalité irréfutable.


En milieu rural, par ailleurs, le bois énergie est source importante de revenus, tout en étant créateur d’emploi à travers sa collecte, sa transformation en charbon, sa commercialisation et son transport. Les spécialistes de l’environnement estiment que la contribution de la filière dans le domaine de la réduction de la pauvreté est une autre réalité indéniable.


Dans les régions de Manjakandriana, à une cinquantaine de kilomètres, à l’Est d’Antananarivo, l’exploitation des eucalyptus transformés en charbon de bois pour alimenter la capitale dure depuis plusieurs décennies. La recommandation des ONG oeuvrant dans le domaine de la protection de l’environnement est ainsi le reboisement.


Selon une étude réalisée par le programme Jariala, financé notamment par l’USAID, la consommation actuelle de bois, à Madagascar, est estimée à plus de 21 millions de m3 par an. La population malgache, estimée à environ 18 millions, risque par ailleurs de se limiter essentiellement à cette source d’énergie pour bien longtemps encore. Dans les prochaines années, il est fort probable que la demande annuelle en bois énergie connaisse une hausse sensible à mesure que le nombre de la population augmente.


Les actions à mener devraient donc être axées essentiellement, dans les prochaines années, sur la promotion du reboisement à vocation énergétique, la mise en œuvre d’une gestion durable des ressources forestières, notamment celles destinées aux bois énergie, la promotion des «fatana mitsitsy», ainsi que la vulgarisation des techniques de carbonisation améliorée et la promotion des sources d’énergie alternatives.