mercredi , 30 novembre 2022
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Décrié sur le dossier de l’exportation de bois de rose, le ministre de l’environnement essaie de désamorcer la contestation. Le général Calixte Randriamiandrisoa évoque une simple dérogation qui ne donne pas à de nouveaux agréments. Il s’agit d’expédier des stocks dont les formalités ont déjà été acquittées mais qui ont été retenus au port pour des raisons logistiques.

Exportation de bois de rose : une autorisation de rattrapage ?

Vohémar, un petit port secondaire dans la région de SAVA au nord-est de Madagascar, est réputé pour être la porte sortie des bois précieux. Exportations régulières ou trafics, la filière est plus que juteuse. Le ministre de l’Environnement de la HAT loue la mesure gouvernementale visant à rouvrir officiellement l’exportation de bois de rose. Depuis l’arrêté ministériel en septembre 2009, l’Etat a perçu une recette de 30 milliards d’ariary. A part les redevances, l’exportateur paie une pénalité de 72 millions d’ariary par conteneur.

Normalement, l’arrêté n’a plus effet le 30 novembre 2009. Le premier ministre Camille Vital a décidé de rouvrir l’exportation de bois de rose en janvier. La mesure est floue et a suscité des craintes auprès des protecteurs de l’environnement. « Cela ouvre la porte à tous les trafics, on sait bien qu’à Madagascar, le stock de bois précieux est élastique », dénonce l’Association Voaharin’i Madagasikara. Pour cette ONG très engagée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles du pays, une quelconque mesure autorisant l’exportation encourage les coupes illicites et les trafics.

En réponse, le ministre de l’Environnement essaie de tempérer le débat et avance que la mesure est exceptionnelle. « Il n’est pas question de donner de nouveaux agréments encore moins de tisser une complicité avec les trafiquants », rassure le général Randriamiandrisoa . Il explique que les stocks concernés sont déjà régularisés au niveau de l’administration. L’amende, la redevance de collecte et les taxes ont déjà été acquittées. Selon le ministre, toutes ces formalités ont même été accomplies avant la date du 30 novembre 2009. 

« En raison de problèmes logistiques de nos ports qui sont trop petits – en l’occurrence celui de Vohémar – le gouvernement s’est demandé comment faire puisque l’Etat a déjà perçu l’argent, c’est pourquoi on a décidé de rouvrir l’exportation », se justifie le ministre de l’Environnement. En tout, seulement 200 conteneurs sont donc concernés par cette mesure gouvernementale. « Il est strictement interdit de procéder à des coupes illicites (Sic), il n’y a plus d’agréments à délivrer », martèle Calixte Randriamiandrisoa.

Le ministre de l’Environnement ne jure que par le task force, cette équipe interministérielle qui a été mis en place pour mettre fin aux trafics de bois de rose. Il se réjouit que l’Etat y a gagné de l’argent car ce n’était pas le cas auparavant. L’autorisation d’exportation qui a été accompagnée par des pillages des forêts a cependant terni l’image du gouvernement de la HAT. Les Etats-Unis ont officiellement condamné et ont appelé à boycotter le bois malgache. A tort ou à raison, on a craint à une officialisation des trafics.

« Le task force a pour mission de protéger les ressources naturelles, si on la dissout il y aura toujours des profiteurs », se défend le ministre Randriamiandrisoa . « En 2010, il y aura une réorganisation, on va la renforcer », poursuit-il. Le ministre reconnaît qu’il y a eu quelques écarts de conduite mais affirme que ce sont des cas isolés. « Il est vrai que les éléments du Task force ont été triés sur le volet mais il y a toujours deux ou trois qui dérapent », dit-il.  « Si les conteneurs retenus à Vohémar ont été sécurisés, c’est par ce que le task force a travaillé 24/7, le week-end comme les jours fériés ». Un bilan ultra positif qui n’est pas partagé par tous.