mercredi , 10 août 2022
enfrit
FAKR, un acronyme pour Fusion Alternative Kaïamba Rock, a mis sur le marché fin décembre 2002 un album intitulé "Kris", au contenu sage et sans acrimonie.

F.A.K.R. : Une fusion réussie

Le groupe


D’abord dénommé Fakir par ses deux premiers membres, Gerhardt l’arrangeur-soliste et Haja le batteur, novembre 2001 a été un tournant radical pour le groupe, avec l’adjonction de deux autres membres, des frères, Rija le guitariste chanteur et Nanou le bassiste. Ces deux derniers sont des natifs de Mananjary, cette région où les gosses naissent et grandissent en écoutant du kaïamba, terme désignant les productions musicales et un style particulier de musique issus de la côte, notamment l’Est. Difficile de tourner le dos au style kaïamba quand on l’a dans le sang. La mixture paraît donc toute naturelle, grâce aux influences larges du quatuor en matière de rock, allant de Bon Jovi à Rage Against the Machine, en passant par Iron Maiden et Oasis. Le groupe trouve ainsi sa voie et Fakir devient FAKR ou Fusion Alternative Kaïamba Rock.


Un premier album autoproduit : « Kris »


Avril 2002, le public découvre le groupe FAKR avec la sortie sur les ondes du morceau intitulé « Kris ». 8 mois après, accouchement du premier album qui porte logiquement le nom du tube qui a lancé FAKR. 3000 exemplaires édités et distribués dans plusieurs grandes villes de Madagascar. L’opus comporte 10 titres dont le processus d’écriture repose sur du vécu : il commence par un instrumental digne d’une musique de film, un apéritif augurant plusieurs chansons à texte. Au fil de l’album, on rencontre ainsi l’espoir et le courage : « Tsy Kivy » et « Tanindrazako » font référence à la crise traversée récemment par l’île avec un parfum de patriotisme. On y trouve l’émotion : « Bavy tsy Foy » rend hommage « à une cousine fauchée par la mort ». Et bien sûr le style kaïamba l’exigeant, on y revit l’amour dans tous ses états, de la déclaration avec un slow rock intitulé « Mafy Orona » jusqu’à la rupture, avec « Taraiky » et aussi avec « Kris » qui dénonce le style parfois conservateur de l’éducation malgache où les parents interviennent exagérément dans la vie de couple de leurs progénitures.


Malgré un titre (« Tanidrazako ») où l’on croit un instant entendre Kiaka, et le morceau instru où l’influence Metallica est trop audible, FAKR a heureusement su conserver son âme en alignant des titres qui sont nés de sa propre créativité, contrairement à certains groupes de rock, aussi bien de l’ancienne que de la nouvelle vague, qui imitent plus qu’ils ne créent.


Concerts passés, à venir ? et avenir


 Le titre « Kris » a été un tube, il a été l’un des facteurs qui a permis au style kaïamba des années 80 de revenir sur le devant de la scène musicale malgache. En signe de reconnaissance, FAKR a été invité lors du concert « Kaïamba Tena Izy » organisé à Antsahamanitra, lieu de performance préféré de toutes les célébrités culturelles. Le groupe a aussi déjà joué en tant que tête d’affiche lors d’un concert remarqué à Analavory. Quant aux prochaines dates à retenir :


        – le 15 février : un concert de promotion (gratuit) à l’Alliance Française de Tananarive
– le lundi de Pâques : un retour aux sources avec un concert à Mananjary
– Antsirabe, Soavinandriana, Tsiroanomandidy, seront également au programme, mais aucune date n’est encore fixée pour ces villes.


Au manager du groupe de conclure : « Deux autres albums sont déjà fins prêts, mais nous ne pouvons encore les offrir au public pour l’instant. Le prochain opus de FAKR sera fidèle à son concept d’origine, mais évoluera puisqu’il bougera un peu plus. Il restera Kaïamba, mais sera un peu plus Basesa (un autre style de musique plus rythmé issu de la Côte). Pour l’instant, on préfère se concentrer sur la diffusion de notre premier album. Nous sommes également à la recherche de sponsors et d’organisateurs de spectacles ? le contact avec notre public est aussi très important, ceux qui apprécient la musique de FAKR sont invités à se manifester sur notre adresse : groupefakr@caramail.com. »