mercredi , 10 août 2022
enfrit
Une semaine d'expo pour refaire découvrir la BD malgache au public, l'association Mada BD, appuyée par le Ministère de la Culture, tente de redonner à la BD malgache son succès d'antan.

Faire renaître la Bande dessinée malgache de ses cendres

La BD malgache a connu un franc succès dans les années 80 jusqu’au début des années 90, et a dépéri progressivement ensuite. Quel jeune, garçon et fille, n’a pas à l’époque lu, acheté, échangé, passé de main en main, parfois même collectionné ces bouquins populaires en noir et blanc, dans lesquels on lisait avec ferveur les aventures des héros et anti-héros publiés par l’édition Tsileondriaka, en tête Ra-Danz, et autre Inspecteur Toky, Tsimatimanota ou Professeur Mahiratra ? La participation malgache au fameux  festival d’Angoulême, lors de sa 13e édition, constitue en outre une autre preuve de la vitalité de la BD malgache au cours de cette période.


Les irréductibles bédéistes actuels refusent de croire que cette décennie des années 80 a été l’apogée précurseur de la ruine définitive de la BD malgache, et se mobilisent pour lui donner la bouffée d’oxygène nécessaire à la relance, à la renaissance de cet art.


Durant une semaine, l’association Mada BD (fondée en 1993) a ainsi organisé au Cercle Germano-Malagasy d’Analakely une exposition destinée à vulgariser la bande dessinée. La plupart des membres de l’association, par le biais de cette expo, ont voulu non seulement faire connaître au public que la bande dessinée malgache est toujours présente sur la scène culturelle, mais encore pour revendiquer le respect et la protection de leurs ½uvres. Ont donc exposé de grands noms du dessin, comme Roddy, les célèbres illustrateurs de presse du moment : Elysé Elisé Ranarivelo, Aimé Razafy et Pov entre autres, mais aussi de nouveaux talents comme Ramika.


Un adepte et lecteur passionné de BD assez désabusé déplore un certain nombre de faits qu’il a pu remarquer lors de l’expo, et a émis des critiques assez acerbes : « Les artistes malgaches semblent avoir du mal à avoir un style qui leur est propre, on a trop souvent l’impression de retrouver au niveau des détails d’une planche de nos dessinateurs un style déjà vu, emprunté ici et là : Soit les planches sont graphiquement parfaites, mais avec une imitation perçue au niveau du style de dessin, soit on trouve une planche assez originale au niveau du style, mais qui semble mal finie, pas suffisamment soignée et limitée au croquis. La ligne claire prédomine trop, et les BD en couleur sont si rares. La qualité est certainement à revoir et il ne faut pas se cacher derrière le manque de moyens pour la négliger ».


Malgré tout, l’effort entrepris par Mada BD est louable, puisque la volonté semble être présente pour redynamiser, faire renaître de ses cendres la BD malgache. Un des moyens pour y arriver, c’est le regroupement au sein d’une édition commune : un album collectif sur la saga des rois malgaches a ainsi été présenté au public.


Une quarantaine de dessinateurs est présente dans la sphère de la bande dessinée malgache, et parmi eux, on dénombre environ une petite quinzaine de professionnels. Ces chiffres augmenteront très certainement au cours des prochaines années, étant donné le nombre de jeunes qui s’y intéressent de plus en plus, malgré les problèmes liés aux matériels de dessin, dont le coût demeure élevé.