mercredi , 10 août 2022
enfrit
Produit par Dago sound, "Fanantenana", un album de 12 titres, est enfin sorti, après 10 ans de gestation. Propos de l?une des têtes pensantes du groupe, BenJ.

L’espoir, « the hope » de Da Hopp : « Fanantenana »

Il a fallu attendre 10 ans pour que le premier album sorte…



Ce n’est que maintenant que nous avons pu le sortir, parce que nous avons fait beaucoup de recherche. Parce que le résultat serait une copie toute bête si on rappait tout simplement au-dessus de l’instru. Notre recherche consistait à ajouter quelque chose de malgache qui différencie notre album de tout autre. Dans « Fanantenana », on entend par exemple du Marovany, ce valiha trapézoïdal. Dans « Tromba », du jejy voatavo et des percussions. Dans « Ozizy Mama », un sample d’une musique ancienne, on y entend le son d’une flûte « sosory », comme l’appelle les Antanosy (groupe communautaire du sud de l?île). Et dans « Mahasalama azy », du lokanga (violon) Bara (groupe communautaire du sud de l?île). C’est Sammy qui joue de tous ces instruments, comme il est multinstrumentiste, avec Andry (à la percussion). A vrai dire, l’album était prêt depuis très longtemps. On aurait pu même mettre sur le marché un double album. Mais après réflexions, certains morceaux ne convenaient plus à l’époque actuelle. L’idée d’un album date de bien longtemps, mais ce sont surtout les moyens qui nous manquaient pour que l’on puisse sortir vraiment ce que nous voulions. La réelle préparation de l’album a duré environ 4 mois.



Pourquoi avoir choisi un mode de distribution assez original, puisque « Fanantenana » n’est disponible que chez les stations RTA (chaîne audiovisuelle privée) de toute l’île ?



En effet normalement, aucun de nos albums ne peut être distribué ailleurs que chez RTA. La raison, c’est que lorsqu’on a trouvé un distributeur, on voulait que nos cassettes et CD se vendent à un prix défini. Or, on a entendu que le distributeur vendait nos cassettes largement au-dessus de ce prix convenu ! C’est comme si on arnaquait les gens. Au cours de la première édition, nos cassettes ont été tirées à 500 exemplaires, 100 pour les CD. On en est peut-être à la troisième édition actuellement. Quant aux albums vendus ? moins de 1000 pour les cassettes, et environ 350 pour les CD. Ces chiffres datent de début avril.



Et en province ? Est-ce que le public perçoit de la même manière le rap ?



C’est à peu près la même chose qu’ici à Tana. Quand quelque chose cartonne ici, ça cartonnera en province, mais avec un léger retard (?). Le week-end du 10 mai, on sera d’ailleurs à Fianarantsoa, on verra bien comment ça va se passer, puis on participera au festival Donia, à Nosy-Be au mois de juin qui semble-t-il, pourrait ne pas avoir lieu à cause des problèmes de budget.



En parlant de concerts, y en a-t-il en vue ?



On ne va peut-être plus faire de concerts de promotion, on en a fait trois : deux au Bus, et un à l’Alliance française ; mais un petit projet pour prochainement, avec un sponsor, une boîte et un produit. Ça n’aura pas de but lucratif, il s’agira de sport associé à du rap ; un tour des bas quartiers de la ville comme Itaosy ou Analamahintsy. Tout cela est prévu pour ce mois de mai, mais est encore en préparation.



En parlant de piratage, vous l’expérimentez réellement, maintenant que vous avez un album sur le marché.



Très difficile de vaincre le piratage, mais on doit quand même faire quelques intimidations ! On a lancé « Le piratage c’est du vol ». Nous essayons aussi de combattre ces pirates en vendant à très bon prix nos cassettes et CD, ce n’est pas que notre produit est soldé, mais cela est fait pour attirer les gens vers la production originale ? mais on ne pourra jamais empêcher le piratage, cela existera toujours.



Et pour le prochain opus ? Encore assez loin ?



Peut-être que non, au plus tard pour l’année prochaine. C’est aussi possible que ça sorte la fin de l’année.