mercredi , 10 août 2022
enfrit
Autrefois une île verte, Madagascar a perdu une grande partie de sa forêt en raison d?une exploitation mal maîtrisée et à cause d?une pratique anti-environnement. Les motifs de la destruction de la forêt malgache sont ainsi multiples. Pour éviter le pire, une nouvelle vision s?impose.

Sauver les forêts malgaches

La situation du corridor de la partie Est de la Grande Ile est plus qu?inquiétante quand on jette un coup d?½il sur l?évolution de la surface couverte de forêt à partir des images satellites sur cette région de l?île. En 30 ans environ, la forêt de la partie du Sud-Est de Madagascar a été, par exemple, réduite de moitié. Les forêts ont été, à longueur d?années, surexploitées.
La flore malgache est représentée pourtant par quelque 12.000 espèces de plantes dont environ 70% sont endémiques. Une richesse que les défenseurs de la biodiversité voudraient sauver à tout prix.
La nouvelle vision « Madagascar Naturellement » concoctée par le président malgache, Marc Ravalomanana, et ses collaborateurs techniques prévoit justement une gestion rationnelle et une préservation de cette richesse naturelle.
La première étape à franchir, pour la sauvegarde de la biodiversité malgache, est d?augmenter la superficie des aires protégées qui devra être multipliée par trois au cours des prochaines années pour obtenir un total d?environ 6 millions d?hectares.


Pyromanie


Mais cela s?avère insuffisant. En effet, chaque année, des centaines de milliers d?hectares de terrains comprenant souvent des forêts primaires et des aires protégées sont victimes des feux de brousse. En 2006, 455.000 hectares ont été brûlés. Ce qui représente néanmoins une certaine baisse par rapport à l?année précédente durant laquelle plus de 500.000 hectares de terrain ont été victimes des feux de brousse.
Les raisons de cette pyromanie sont multiples : les paysans qui tentent d?obtenir un peu de verdure pour faire paître les animaux d?élevage, notamment les b½ufs, la culture sur brûlis et même les actes des bandits de grands chemins, les Dahalo, qui essaient d?effacer leur trace après des opérations de vol de zébus. Mais quelque soit les motifs, les résultats sont les mêmes et les solutions doivent être trouvées pour parer à toute éventualité.
Les feux de brousse ne constituent toutefois pas l?unique raison de la déforestation. La surexploitation en est bien une autre.


Implication


La solution adoptée, depuis quelques années, est l?implication de la population. Dans de nombreuses régions forestières de Madagascar, des contrats sociaux qui dictent le comportement des populations sont mis en place. Dans une commune dénommée Ankarimbelo, dans la région Sud-Est de Madagascar, le Dina, contrat social accepté par la population, prévoit par exemple une réduction de la surexploitation des forêts du corridor. Les individus de plus de 18 ans sont contraints par le Dina de procéder à des activités agricoles. Ce qui les pousserait à ne plus s?adonner systématiquement à des activités de cueillette et de surexploitation des forêts de la région.
La totalité des rivières qui traversent les différentes régions de la Grande Ile trouvent en effet leur source dans le corridor, une masse de forêt qui longe la partie Est de Madagascar du Nord au Sud et sans laquelle beaucoup de contrées seront naturellement asséchées.
Cette année, pour essayer de renverser la vapeur, 7 millions de jeunes plants seront par ailleurs mis sous terre. Le reboisement est une activité impérative. Il ne suffit plus en effet de réduire la surexploitation et les feux de brousse mais, dans le même temps, il faudra planter des arbres, en espérant qu?un jour des surfaces actuellement arides soient de nouveau recouvertes de plantes.