dimanche , 2 octobre 2022
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Alors qu’il a mis la classe politique dans un nouveau chaos en tentant de modifier l’ordre des élections pour favoriser son parti TGV, Andry Rajoelina subit un véritable examen de passage pour ce qui est de sa mission d’organiser les élections et de laquelle il s’est détourné pendant deux ans, tenté de rester au pouvoir durant et après une longue transition. L’attitude « moramora » du premier ministre agace le chef de la transition qui tente un dernier coup de Poker à l’ONU pour ne pas perdre la face aujourd’hui et le pouvoir demain. Déjà, il met la pression sur le gouvernement pour appeler les électeurs aux urnes le 08 mai 2013 pour élire... les députés.

Andry Rajoelina, coup de poker pour un « coup d’Etat » électoral

Andry Rajoelina s’envole à New-York pour une séance de travail avec le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon. Pour le président de la transition, c’est l’ultime occasion de convaincre les Nations-Unies à changer l’ordre des élections. Bizarrement, le chef des TGV s’affole sur un possible non-respect du délai de convocation des électeurs le 07 février 2013 pour un scrutin qui aura lieu le 08 mai. Andry Rajoelina a haussé le temps pour que cette date soit respectée, omettant de préciser qu’il s’agit d’une convocation pour des élections législatives et non présidentielles dont le calendrier a été fixé depuis juillet 2012.

Pourquoi un tel revirement ? Andry Rajoelina qui était certain d’être élu et d’obtenir facilement une majorité écrasante à l’Assemblée nationale a été logiquement disqualifié par la communauté internationale et contraint à un retrait. Du coup, le TGV et la mouvance Rajoelina ne sont plus surs d’avoir le nombre d’élus nécessaire. Alors que la CENIT et les experts des Nations-Unies n’ont pas fait suite à la proposition du chef de la transition qui essayait de marchander sa non-candidature contre l’organisation des élections législatives avant les présidentielles, l’intéressé tente un dernier coup de poker à New York. La représentation locale de l’ONU a en effet déclaré que seule une décision depuis le siège pourrait modifier le calendrier électoral établi pour Madagascar.

Andry Rajoelina s’énerve et demande aux responsables qui ne veulent pas faire le nécessaire pour réaliser son calcul politique de démissionner. Le message s’adresse au premier ministre de consensus Omer Beriziky qui traine les pieds pour rédiger le décret de convocation des électeurs pour une élection législative à publier le 07 février 2013. Le projet est en effet une décision unilatérale du chef de la transition puisque le conseil du gouvernement doit publier une convocation pour l’élection présidentielle.

Mecredi 30 janvier 2013, c’est sur le Projet de Décret portant nombre des Membres de l’Assemblée Nationale et découpage territorial des circonscriptions électorales, qui a été imposé par Andry Rajoelina à l’ordre du jour du Conseil des ministres alors que le scrutin doit avoir lieu le 03 juillet 2013. le TGV est une nouvelle fois dans sa logique de coup d’Etat et de dictature en modifiant de manière unilatérale la date des élections afin de favoriser son parti.

En face, le premier ministre Omer Beriziky fait de la résistance. Il n’a pas cédé à la manipulation du chef de l’exécutif qui tente d’imposer aux malgaches et à la communauté internationale un autre fait accompli. Il a remis au lundi 05 février la lecture de ce projet de loi appelant les électeurs pour des élections législatives et non pas présidentielles. La classe politique malgache est partagée même si la préférence pour le maintien des dates décidées par la CENIT est prépondérante.

Seuls le TGV et ses proches alliés s’offusquent de voir refuser une proposition qui semblait faire l’unanimité il y a encore deux ans. Le parti qui a gagné une seule élection municipale pour accéder au pouvoir dans le pays, sans oublier le coup d’Etat militaro-cuivil de 2009, n’a pas défendu cette soi-disant conviction quand leur chef de file était encore candidat à la course à la présidentielle.

Ban Ki-Moon sera-t-il l’acteur malgré lui d’une nouvelle crise politique malgache en remettant en cause un calendrier électoral que les experts des Nations-Unies a établi et qui est remis en cause de manière unilatérale par un projet de décret imposé par Andry Rajoelina convoquant les électeurs à des élections législatives le 08 mai 2013 au lieu du premier tour des présidentielles. C’est tout le calendrier et processus électoral qui est mis en jeu.