mardi , 9 août 2022
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Il ne sera pas le candidat de la France qui ne fait plus de lui son favori. Il est ouvertement contesté par les Etats-Unis et la SADC tente de le raisonner. Andry Rajoelina sera-t-il le candidat des pays émergents qui ont de nouveaux intérêts à Madagascar. Sur le plan national, les formations politiques sans élus qui ont profité de la transition défendent bec et ongles leur grand petit chef, au nom de leur souveraineté nationale. La question reste sans réponse en 2012, sauf dans la tête de l’intéressé.

Andry Rajoelina, les tergiversations d’un candidat de l’impossible

La fuite en avant et le fait accompli, Andry Rajoelina ne déroge pas à ses habitudes alors que les Malgaches et la communauté internationale attendent de lui une déclaration ferme sur sa renonciation à se porter candidat à l’élection présidentielle de mai 2013. « J’ai pris la décision de ne pas me présenter aux prochaines élections présidentielles que nous allons organiser avant la fin de l’année… C’est une promesse définitive pour pouvoir mener à terme la transition de manière objective », avait déclaré Andry Rajoelina qui prétendait agir en homme d’Etat et en homme de parole, en mai 2010.

La communauté internationale veut le convaincre

Après sa rencontre avec le président de la Troïka de la SADC, le chef d’Etat tanzanien Jakaya Kikwete, le chef de la transition a jusqu’à  fin décembre 2012 pour faire part de sa décision. Et voilà que le président artiste rejoue la même musique en se donnant un nouveau délai après sa rencontre avec le ministre français des Affaires étrangères. La SADC insiste pour être fixée avant 2013 même si la déclaration publique se fait le 08 mars, coïncidant avec le dépôt de candidature.

Si Laurent Fabius devait être un appui inconditionnel pour la candidature de Rajoelina, il n’en était rien. Le chef de la diplomatie française a clairement convié celui-ci à ne pas se présenter à l’élection. Seulement, le ton diplomatique a encouragé l’auteur du coup d’Etat de 2009 à Madagascar à se donner de l’importance. « Ce n’était même pas une tentative de le convaincre, mais juste un échange d’idées ». Au Quai d’Orsay, le ministre émet des opinions personnelles ! 

Laurent Fabius aurat-il dû expliquer pourquoi le chef de la HAT ne doit pas se porter candidat au lieu d’essayer de l’amadouer par sa jeunesse qui le permet d’attendre 5 ans de plus. Le jeune Rajoelina promet de réfléchir à la question. « Aucune décision ne sera prise durant les périodes de fait », a-t-il tranché. Le monde entier doit attendre le moment qu’il souhaite faire ladite déclaration dont les Malgaches auront la primeur.

Un candidat malgré lui ?

A part la simple avidité de pouvoir auquel il a pris goût en étant le petit roi de Madagascar depuis 2009, pourquoi Rajoelina se sent-il obligé de se porter candidat. La pression des opérateurs économiques, nationaux et étrangers, qui ont investi dans le mouvement populaire appuyé par une frange de l’armée en 2009, l’insistance des politiciens alliés de sa mouvance et qui ont profité de la transition tout en espérant gagner enfin des élections, la volonté de ses partisans bercés par le populisme et la démagogie depuis plus de 3 ans, ce sont autant de paramètres qui empêchent le TGV de faire machine arrière.

La souveraineté de Madagascar est-elle remise en cause si Andry Rajoelina ne se présente pas ? Pour le moment, la communauté internationale veut que le chef de la HAT se retire de lui-même dans une course pour laquelle sa victoire ne sera jamais reconnue. Dès le départ, le coup d’Etat a été dénoncé avec l’intention de son auteur de changer la Constitution de la république pour pouvoir être candidat. L’UA et la SADC et l’ensemble de la Communauté internationale restent fidèles au principe de la non-reconnaissance de l’utilisation d’un moyen démocratique pour légitimer un changement anticonstitutionnel de gouvernement.

L’annonce de la non-candidature du président renversé par le coup d’Etat militaro-civil de 2009 a fragilisé la HAT au lieu de la renforcer. Le régime TGV a fait la loi et les lois pour permettre à Andry Rajoelina d’être éligible et de disqualifier Marc Ravalomanana. Et pourtant, la communauté internationale se sent obligée de prier ce dernier à ne pas se porter candidat, ce qu’il a accepté. La mouvance Rajoelina s’oppose à son retour au pays avant les élections, car il risque d’empêcher une victoire tracée d’avance pour l’ancien putschiste qui veut devenir un vrai président.