dimanche , 2 octobre 2022
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Il fallait s’y attendre, que le chef de la transition illimitée Andry Rajoelina allait une nouvelle fois poser ses conditions pour limiter les cas de figure à son avantage, que la présence effective du dernier président élu qu’il a renversé en 2009 ne pouvait se réaliser aussi facilement. Ce qui n’a pas empêché le conseil des églises ou FFKM à mettre en œuvre une rencontre qui a réuni les 4 chefs d’église, les 2 présidents élus et l’élu maire d’Antananarivo qui dirige le pays depuis 4 ans avec la connivence des chefs de l’armée. Naturellement, le retour au pays du président Ravalomanana a été au centre des débats.

Conférence au sommet du FFKM, le début de la fin de la crise ?

Aucune résolution, pas de déclaration officielle, juste une vague promesse d’en révéler plus dans un communiqué de presse disponible le lendemain… la première journée de la conférence au sommet pour trouver une issue à la crise n’a encore rien résolu. Elle a réuni les 4 chefs d’église sous la houlette de Mgr Odon Razanakolona, les deux anciens présidents Didier Ratsiraka et Albert Zafy, ainsi que le président de la transition Andry Rajoelina. L’absence du président Ravalomanana dont le renversement du pouvoir était à l’origine de la crise est devenu le principal problème à résoudre. Le huis clos et le secret des discussions n’ont pas permis de savoir si la prochaine réunion se fera au complet et à quelle date.

Une conférence au sommet sabotée par les militaires

Lundi 3 juillet à 14h, le président Marc Ravalomanana était attendu à Ivato. Il était censé rejoindre immédiatement le centre de conférence international situé dans la même commune pour participer à la rencontre organisée par le FFKM. C’était sans compter sur l’obstination des leaders des forces armées qui ont fini par obtenir un NOTAM pour empêcher ce retour. Ces partisans gradés du chef de la transition qu’ils ont aidé à prendre le pouvoir en 2009 ont déclaré ne pas être prêts ni préparés pour un tel retour. Une nouvelle fois, ils demandent du temps et continuent la fuite en avant.

Le FFKM n’est pas ébranlé par ce retour manqué de Marc Ravalomanana. Mgr Odon Razanakolona s’est référé à la recommandation de la SADC sur la sécurité du président en exil dont la première menace est l’armée acquise aux causes de Andry Rajoelina. Il fallait donc convaincre les généraux et les colonels d’accepter un tel retour en les conviant à une réunion au centre de conférence international, avec ou sans les 3 chefs d’Etat. Après avoir paradé à l’aéroport en effectuant un exercice d’intimidation mettant en scène une répétition générale de l’arrestation de Marc Ravalomanana, les chefs de l’armée n’ont pas honoré l’invitation du FFKM.

La condition du chef de la transition

Ce n’est qu’un début et le processus est de longue haleine, avait prévenu l’Archevêque Razanakolona. Le FFKM va-t-il proposer sa feuille de route qui mettrait en place une vraie transition pour organiser les élections ? Andry Rajoelina a pris le devant en posant d’emblée sa condition. « Si c’est une réunion pour la mise en place d’une nouvelle transition, je n’accepterai jamais » a-t-il prévenu, disant toutefois être ouvert « à des discussions pour la réconciliation afin d’avancer vers les élections ». Des élections qu’il a volontairement torpillées en imposant sa candidature hors délai légal et en revenant une nouvelle fois sur sa parole donnée aux Malgaches et à la communauté internationale.