mardi , 18 janvier 2022
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Conjoncture politique : Le gouvernement montre ses muscles
Les autorités ont préféré aux négociations le recours à la force.

Conjoncture politique : Le gouvernement montre ses muscles

Diverses manifestations d’exaspération ont été menées au cours des dernières semaines, mettant en branle la confiance des dirigeants du pays. Et les autorités ont choisi de se montrer aptes à faire face à une menace politique.

Lors du dernier Conseil de gouvernement, le Premier ministre, Olivier Mahafaly, avait ainsi «donné des consignes à tous les membres du Gouvernement mais surtout aux trois Départements ministériels en charge de la sécurité sur la prise de mesures strictes contre tout commanditaire et tout acteur d’action de déstabilisation ». Le communiqué du conseil de gouvernement est on ne peut plus clair.

Ces « consignes » donnés par le chef du gouvernement ont coïncidé, en tous cas, à une menace révélée par la presse à l’endroit d’un jeune slameur, animateur d’une nouvelle émission de parodie de l’émission présidentielle « Le rendez-vous », sur YouTube et sur des chaînes de télévision locales. Les « consignes » du Premier ministre coïncident aussi avec des informations concernant une étroite « surveillance » des gestes et actions de l’ancien président Marc Ravalomanana et de ses proches collaborateurs.

Le climat sociopolitique est plutôt délétère. La liberté d’opinion et de réunion semble menacée, en outre. D’où la grogne à différents niveaux. Dans le même temps, divers corps professionnels  ont entamé un mouvement de grève : le syndicat des magistrats exigent plus d’indépendance pour la Justice, tandis que les douaniers dénoncent des promesses non tenues par les autorités.

Mais face aux mouvements de revendication, le gouvernement se veut montrer ferme. La suite des événements semble des plus incertaines. D’autant que Marc Ravalomanana, après une ferme interdiction des autorités, tient toujours à tenir les événements liés au quinzième anniversaire de son parti, le TIM. L’interdiction pour le parti de tenir un rassemblement au stade de Mahamasina, au centre de la capitale, a débouché le 8 juillet à un mouvement de foule sans précédent dans les rues d’Antananarivo. Ce qui a suscité une grande méfiance dans les rangs du gouvernement.