mardi , 9 août 2022
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Un pas en avant, un ne perdit pas en arrière et pas toujours le grand saut, l’engagement de la communauté internationale dans l’appui au processus électoral de Madagascar soulève des interrogations. L’annonce officielle de la non-participation des Etats-Unis a jeté un froid. Alors que le basket fund a du mal à se remplir, la partie malgache annonce enfin qu’elle va apporter sa part s’élevant à 30 millions de dollars en tricotant le budget 2013.

Elections en 2013, la communauté internationale divisée ?

Les 60 milliards d’ariary viendront mais en 2013. L’Etat HAT ne dispose pas de ladite somme et doit attendre l’application de la prochaine loi des finances. Comme il n’y a pas de hausse substantielle des recettes ni d’aides budgétaires à espérer, la stratégie consiste à prélever dans le budget de fonctionnement des différents ministères. En attendant, l’Etat doit débloquer d’urgence une enveloppe de 3 milliards d’ariary pour payer les dépenses liées au recensement électoral.

C’est en effet l’argent provenant de l’Etat malgache que la commission électorale peut gérer avec une certaine autonomie. Les fonds octroyés par les membres de la communauté internationale seront gérés par la représentation du Système des Nations-Unies. L’explication officielle est que Madagascar est considéré comme un pays en conflit malgré l’absence de guerre. L’annonce de l’engagement de la partie malgache à honorer sa part dans le financement des élections est censée encourager les bailleurs de fonds. Il reste pas moins de 25 millions de dollars à trouver.

L’OIF et la COI sont attendues pour participer au financement des élections de Madagascar. La discrétion de la France devrait être compensée par ces deux organisations par lesquelles elle exerce ses influences dans le dossier malgache. Quant aux Etats-Unis, ce n’est pas après la défiance de Andry Rajoelina envers Barack Obama qui va leur faire changer d’avis. Pas question pour la première puissance mondiale de cautionner et encore moins de financer une élection qui vise à légitimer un coup d’Etat ou un changement anticonstitutionnel de gouvernement.

La présidente de la CENIT est confiante quant à la tenue de l’élection présidentielle le 08 mai 2013. Béatrice Attalah reste « positive » malgré la valse-hésitation de la communauté internationale. Le processus électoral suit tant bien que mal son cours avec la révision systématique de la liste électorale. Le recensement des électeurs dans chaque Fokontany rapproche l’opération de la refonte de la liste électorale. L’impression des bulletins uniques se fera probablement à l’étranger pour cause de « sécurisation ». C’est le PNUD, gestionnaire du basket fund qui va faire un appel d’offres internationales.

Une élection présidentielle le 08 mai 2013 reste donc dans le domaine du possible sur le plan technique. Béatrice Attalah a désormais intégré la donne politique dans ce processus électoral. Elle appelle le préside de la HAT Andry Rajoelina et le président en exil Marc Ravalomanana de trouver un accord afin de sortir le pays de la crise.

Le calcul de la HAT a pour but de reculer le plus possible le retour au pays de Marc Ravalomanana afin de l’empêcher de se présenter aux élections. Béatrice Attalah ne se formalise pas sur l’inéligibilité de l’ancien président qui n’a pas pu renter à temps, avant le 08 novembre 2012, soit 06 mois avant la date du scrutin. Elle estime qu’un accord politique et une nouvelle loi électorale suffisent à résoudre un tel empêchement, qui plus est créé de toutes pièces.