mardi , 9 août 2022
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Qui veut perdre des millions en finançant dans les conditions actuelles les élections prévues en 2013 à Madagascar ? Les bailleurs de fonds multilatéraux et les grandes puissances affichent leur scepticisme. Le « basket fund » tarde à se remplir alors que le document du Projet en Appui au cycle Electoral à Madagascar a été signé. La représentante résidente du PNUD a lancé un appel à la communauté internationale qui semble espérer un accord politique entre les protagonistes malgaches avant de se décider.

Financement des élections, un panier qui a du mal à se remplir

Le PACEM ou Projet en Appui au cycle Electoral à Madagascar est encore un document lettre-morte comme l’est une certaine feuille de route. La signature entre le représentant de l’Etat malagasy, le ministre des Finances de la HAT, et la représentante du Système des Nations-Unies n’a fait qu’officialiser le besoin en financement des élections de 2013. Ainsi, la CENIT devrait gérer un budget de 71,3 millions de dollars.

L’Union européenne a montré l’exemple en annonçant le déblocage de 13,3 millions d’euros. La délégation parlementaire conduite par Phillip Bolland a confirmé le soutien indéfectible des 27 mais a mis une once de condition dans ses propos, celle de la contribution apportée par l’Etat malagasy dans le PACEM. Venu faire une évaluation de la situation politique, sociale et économique à Madagscar, le député européen a réitéré que « les élections de 2013 restent incontournables » et que l’UE s’en tient à l’application de la feuille de route. Il a exhorté les parties prenantes malagasy à trouver une entente sur le point de blocage de la résolution de la crise qui est le retour au pays du président en exil Marc Ravalomanana.
 
Pour Fatouma Samoura, la représentante du PNUD, « le retour de la grande Ile à l’ordre constitutionnel à travers des élections libres, transparentes et crédibles doit être pour les mois à venir le crédo du SNU mais aussi de la communauté internationale ». La Banque mondiale adhère à l’idée et le fait savoir dans sa note d’analyse économique. « Madagascar a besoin qu’une solution politique à la crise soit trouvée dans les meilleurs délais ». Selon ce bailleur de fonds, l’incertitude persistera en 2013 tant que la transition ne soit pas mise à terme et cela est défavorable à l’activité économique. Il estime qu’une réconciliation politique est impérative afin que la solution trouvée puisse « garantir qu’une autre crise ne surgisse pas ultérieurement ».

La Norvège a été prompte à annoncer une contribution de 1 million de dollars. Pour la Suisse, l’essentiel est de participer, soit une enveloppe de 130 000 francs suisses. Qu’en est-il de la France, des Etats-Unis, de l’Allemagne, du Japon, les grandes puissances dont une contribution plus conséquente est espérée. La possible candidature des putschistes de 2009, dont Andry Rajoelina lui-même, refroidit les ardeurs des américains. Le principal frein est l’incapacité de la HAT et du gouvernement à fixer la contribution de l’Etat malagasy. Les 3 millions de dollars apportés au départ du projet ont déjà été oubliés. 

Des contributions restent au stade de la promesse, mais la CENIT peut tabler sur 30 millions de dollars. Il reste donc à amasser 41 millions de dollars. Ces élections de 2013 coûteront 2 dollars par électeur. Les opérations pré-électorales seraient particulièrement budgétivores, accaparant la moitié du fonds. Les couts de chaque scrutin est estimé à 11,6 millions de dollars pour le 1er tour de la présidentielle, 13,7 millions de dollars pour le 2nd tour de la présindetielle cumulé avec les législatives, 11,9 millions de dollars pour les communales. 5,5 millions de dollars seront réservés à des opérations post-électorales. Ces sommes restent fictives tant que les incertitudes politiques poussent les partenaires internationaux à faire preuve de prudence.