dimanche , 25 juillet 2021
enfrit
Les interventions très spéciales que ce soit avant ou après sa création officielle ne plaident pas toujours en faveur de la force spéciale au service de la HAT. Les éléments des anciens commandants mutins aujourd’hui devenus des proches collaborateurs du chef des autorités de la transition seraient incontrôlables, sollicités sans le consentement de leurs chefs.

FIS : la police politique de la HAT abonnée aux faits divers

La réputation de la Force d’intervention spéciale n’est pas encore relevée de l’affaire « Colbert ». Il s’agit en effet d’une extorsion de fonds, que les médias ont assimilé à une attaque à l’encontre d’un opérateur économique. Des éléments de la FIS ont participé à une opération visant à récupérer de l’argent auprès d’un client de ce prestigieux hôtel de la capitale. Ils auraient agi sous l’ordre d’un colonel qui était le cerveau de l’opération. Pour leur défense, les soldats d’Ambohitsorohitra estiment avoir été trompés par cet officier supérieur qui les a embarqués à commettre le regrettable forfait.

En tout cas, le fait divers n’a pas éclaboussé la FIS, qui n’était pourtant pas à sa première affaire du genre. Le Lt colonel René Lylson rejette la faute au colonel. Pour détourner l’attention ou l’impact politique, il s’empresse de dire publiquement que l’officier en question a travaillé pour le président du congrès de la transition, Mamy Rakotoarivelo. Les commandants du FIS ont réparé la bévue tant bien que mal. L’opérateur économique en question est aussi une personnalité politique à la tête d’une association de jeunes. Il est surtout un ami personnel du président de la HAT. Quelque 90 millions d’ariary qui ont été « saisis » par les éléments de la FIS ont donc été récupérés et restitués à leur propriétaire. Par contre, le reste du « butin », environ 100 millions d’ariary sont toujours introuvables comme le colonel incriminé. 

A force d’être considérée comme une force de dissuasion, des gens malintentionnés utiliseraient la FIS. Coïncidence ou pas, ces interventions sont apparentées à des extorsions de fonds. L’ancien  président de l’Association des victimes du 07 février a été le premier à mener en bateau des soldats d’Ambohitsorohitra pour « récupérer » une somme importante d’argent à Sabotsy Namehana. L’argent, voilà donc le mobile des ces interventions douteuses. En tout cas, le commandement de la FIS essaie de rectifier le tir en peaufinant le profil de ses éléments.

Il est apparemment difficile de transformer des gros bras et têtes brûlées recrutés dans le cadre d’une crise politique et d’un coup d’Etat militaro-civil en des éléments d’une force d’élite. L’ancêtre de la FIS date en effet de… 2009 quand les autorités de fait ont monté une Commission nationale mixte d’enquête pour résoudre les affaires politiques. Les anciens mutins ont été naturellement recrutés pour intégrer cette police politique chargée de pourchasser les tenants de l’ancien régime. L’arrestation musclée de Manandafy Rakotonirina a été le principal fait d’arme de l’escadron qui agissait aussi sur le terrain pour mater des manifestants et rétablir l’ordre public.

Pour donner une meilleure image de sa police politique, la HAT a créé la FIS. Du moins, les autorités de fait ne s’en cachent pas puisque la force d’intervention a pied à terre à Ambohitsorohitra. La petite armée professionnelle des anciens commandants Charles et Lylson contribue à la sécurité du président des autorités. Elle est un peu désœuvrée pour ce qui est de la lutte anti-terrorisme. La FIS reste très active en tant que force de dissuasion pour intimider les opposants. Son déficit en termes d’image est tel qu’il y a de la panique partout où elle s’apprête à intervenir. La fouille infructueuse de l’hôtel Carlton pour arrêter le « co-président de la transition » Fetison Andrianirina a laissé des traumatismes. Cette force d’intervention spéciale n’aura plus raison d’être quand un président démocratiquement élu gouvernera le pays.