mardi , 15 juin 2021
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Grosse pression sur les opposants et Andry Rajoelina
Andry Rajoelina est l'opposant n°1 malgré lui

Grosse pression sur les opposants et Andry Rajoelina

L’étau se resserre sur le sénateur Lylison de René. Il est officiellement recherché par les autorités. Est-ce pour enquête ou pour arrestation, le flou est entretenu, à l’image du procureur de la République Odette Balisama Razafimelisoa qui n’a rien révélé à l’ssue de la perquisition, car elle est « tenue par le secret de l’ instruction ».

L’immunité parlementaire du sénateur n’a pas encore levée, mais les autorités semblent privilégier la thèse d’un flagrant délit de fait basé sur des soupçons et un procès d’intention, chose courante quand il s’agit d’une personnalité politique. Les sénateurs ne font pas un cas de leur collègue de l’opposition, se contentant de dire que si la loi est respectée, on peut arrêter l’un des leurs. En attendant, le sénateur Lylison René est frappé d’une interdiction de sortie du territoire (IST), ce qui vaut une mise en accusation d’un coupable présumé selon la perception des citoyens.

L’homme d’affaires Mamy Ravatomanga est lui aussi dans le collimateur du régime. Son domicile a aussi fait l’objet d’une perquisition. Ce richissime chef d’entreprise est soupçonné de vouloir ou de pouvoir financer un coup d’Etat. Il en a peut-être les moyens, mais en a-t-il vraiment l’intention. Tout ce remue-ménage coïncide avec le passage récent dans le pays de l’étudiant Andry Rajoelina. L’ancien président de la transition qui a l’humilité de revenir sur le banc de l’école pour apprendre la science politique et la diplomatie a pourtant affirmé qu’il attendra 2018 pour reprendre le pouvoir par les urnes. Mamy Ravatomanga et Lylison René sont ses proches les plus influents.

« Le régime envoie un message à Andry Rajoelina, cela peut être une simple dissuasion pour éviter les troubles à l’approche du Sommet de la Francophonie, mais cela peut aller plus loin en l’accusant de fomenter un coup d’Etat pour l’empêcher d’être candidat en 2018 », analyse un juriste membre de la société civile œuvrant en faveur d’un Etat de droit. Il évoque la possibilité d’un jugement par contumace et l’interdiction de fait d’entrer sur le territoire, sous peine d’arrestation. On est déjà en train d’écrire le scénario d’une crise politique.