mardi , 18 janvier 2022
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Hery Rajaonarimampianina élude la question sur les îles éparses

Il est difficile pour un président malgache d’évoquer la question relative aux îles éparses. Depuis quelques semaines, un groupe de politiciens se mobilise pour réclamer la rétrocession à Madagascar des îles Europa, Bassas da India, Juan de Nova et des îles Glorieuses situées dans l’Océan Indien et dans le Canal du Mozambique. Le mouvement a été presque spontané quand le nouvel ambassadeur de France à Antananarivo, Véronique Vouland-Aneini, questionné par des journalistes à l’issue d’une rencontre avec le nouveau maire d’Antananarivo, Lalao Ravalomanana, avait affirmé que les îles éparses appartiennent à la France.

Questionné à son tour par la presse, le 6 novembre, le président Hery Rajaonarimampianina a préféré rester prudent en répondant par les notions de « patriotisme » et de « nationalisme ». Il s’est limité à rappeler la résolution de l’Organisation des Nations Unies de 1979. Effectivement, la Résolution 34/91 du 12 décembre 1979 de l’Assemblée générale des Nations Unies « invite le Gouvernement français à entamer sans plus tarder des négociations avec le Gouvernement malgache en vue de la réintégration des îles précitées qui ont été séparées arbitrairement de Madagascar … »

Toutefois, les deux parties ont choisi plutôt, au cours des dernières décennies, de se taire. « Le sujet concernant les îles éparses revient systématiquement, depuis cette résolution, dans l’ordre du jour de l’Assemblée Générale des Nations Unies, mais la partie malgache a toujours préféré ne pas évoquer la question afin de ne pas froisser son partenaire, la France », explique un ancien diplomate malgache.

Actuellement, les autorités malgaches semblent sous pression. Si le président Hery Rajaonarimampianina est plutôt prudent, le ministre des Affaires étrangères, Béatrice Atallah, a fait comprendre que la partie malgache engagera le débat diplomatique lors de l’Assemblée Générale de 2016. Le Premier ministre, Jean Ravelonarivo, a réitéré la mise en place d’un comité ad hoc. Dans le même temps, des groupements politiques souhaitent relancer au niveau de l’Assemblée Nationale un nouveau projet de mise en accusation aux fins de déchéance d’Hery Rajaonarimampianina pour « haute trahison » s’il refuse de réclamer la rétrocession des îles en question.