lundi , 8 août 2022
enfrit
La presse malgache, après de longues années de censure est-elle aujourd'hui victime de la liberté nouvellement retrouvée ?

La presse aujourd’hui

 

Depuis plusieurs années, la presse malgache est en expansion. Fortement libéralisée dans les années 90, il existe désormais des dizaines d’organes de presse écrite ou audiovisuelle. Parallèlement la presse sur Internet a pris son essor dans le milieu des années 90 sans grand retard sur le reste du monde. Il y a quelques semaine, la liste des journalistes pouvant obtenir une carte de presse officielle de l’ordre des journalistes a été publiée. Ils seront a priori un peu moins de 1000 à être reconnus. 


Pourtant la presse malgache peut être considérée comme convalescente. Après une longue période de pensée unique héritée du bloc communiste accrue peut-être par l’isolement particulier dû à l’insularité, il faut réapprendre la liberté de penser et de dire. Il faut aussi réapprendre à respecter les règles de déontologie qui doivent forcément aller de paire avec cette nouvelle liberté. Finalement, il faut aussi que le pouvoir réapprenne à accepter cette liberté.


Le public de la presse malgache est varié, à l’image des multiples vitesses et des multiples facettes du pays. Encore aujourd’hui, seule une faible partie de la population a accès aux médias. La radio et la télévision nationale ne couvrent pas toute l’île. Et, souvent, les ruraux renoncent à cette source d’information en raison du prix élevé des batteries nécessaire à son fonctionnement. La presse écrite, elle, n’atteint que les grandes villes. Le plus grand tirage est à peine de 40’000 exemplaires. Principalement rédigée en Français, la presse écrite ne touche pas toutes les couches de la population. En cause aussi probablement le prix d’achat vite prohibitif. 


Alors, il reste le public aisé des grandes villes. De la capitale principalement. Et des étrangers. Est-ce pour ceux-là que nous écrivons tous en fin de compte ?