dimanche , 23 juin 2024
enfrit
La radio et la télévision Mada ont été saccagées par des militaires. La grande famille de la presse proche des légalistes qui revendiquent le retour de Marc Ravalomanana au pouvoir est désormais entièrement muselée.

La presse pro-Ravalomanana « décapitée »

Des militaires cagoulés ont fait irruption dimanche soir au siège de la radio Mada, à Faravohitra, pour s’emparer des émetteurs et des équipements de la station appartenant à Marc Ravalomanana. La radio Mada et la télévision Mada ont ainsi cessé d’émettre depuis le soir du 19 avril. Auparavant, une lettre de mise en demeure a été adressée par le ministère en charge de la communication à la direction de radio Mada.

Tous les médias proches de Marc Ravalomanana sont donc actuellement muselés. Les partisans de Andry Rajoelina ont en effet saccagé le groupe MBS, comprenant une radio, une télévision et deux journaux quotidiens, le 26 janvier dernier. Un mois après sa prise de pouvoir, le gouvernement de Transition a décidé de fermer la radio et la télévision Mada.

Pour les partisans de la légalité, qui manifestent quotidiennement pour le retour au pouvoir du président Marc Ravalomanana, la décision des dirigeants de la Transition constitue tout simplement une entrave à la liberté d’expression et d’opinion, et une entorse à la démocratie.

A priori, c’est la récente diffusion par télé Mada des péripéties de prise d’otage des officiers membres du directoire militaire mort-né, le 17 mars dernier, quand le président de la République a dissout son gouvernement pour confier le pouvoir à des officiers de l’armée, qui a dérangé au plus haut point les dirigeants de la Haute Autorité de la Transition. Cette scène relate en effet sans ambiguïté que la prise du pouvoir par Andry Rajoelina a été assortie de menace avec armes et de séquestration d’officiers et d’homme d’église en la personne du pasteur Lala Rasendrahasina, président de l’église réformée FJKM.

Alors que la liberté d’opinion et d’expression était parmi les principales revendications de Andry Rajoelina avant le coup de force du 17 mars, c’est l’équipe qu’il dirige qui martyrise actuellement cette liberté.