mardi , 9 août 2022
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Le médiateur de la SDC, Leonardo Simao est à Madagascar pour expliquer les récentes décisions de la Troïka sur la résolution de la crise malgache. Tout semble contre Andry Rajoelina et sa mouvance qui tenteront d’empêcher le retour au pays du président Marc Ravalomanana avant les élections pour ne pas faire basculer les résultats.

La SADC doit faire face à la mouvance Rajoelina

En réaffirmant que la mise en œuvre de la Feuille de route demeure le seul mécanisme permettant de résoudre la crise à Madagascar et en insistant sur la nécessité de respecter le calendrier électoral adopté par la Commission électorale nationale indépendante de la transition et les Nations Unies, la troïka de la SADC avance avec plus d’assurance dans la résolution de la crise malgache. L’annonce de la non-candidature de Marc Ravalomanana suivie par celle d’Andry Rajoelina a débloqué la situation. La mouvance Rajoelina perd pied et risque de remettre en cause le processus.

Pour la SADC, ce sont les deux protagonistes de la crise malgache sont à saluer pour leur décision de ne pas se présenter aux élections. Avantage à Marc Ravalomanana qui a accepté en premier et qui a condamné de ce fait Andry Rajoelina. Le régime HAT et la mouvance Rajoelina sont exaspérés par cette reconnaissance en faveur de l’ancien président qui à leurs yeux n’est même pas éligible au vu de ses condamnations judiciaires.

La troïka de la SADC va plus loin en appelant le parlement de la transition dominé par une majorité illégitime formée par la mouvance Rajoelina éclatée à adopter une loi d’amnistie générale « accordée » au président de la transition, à l’ancien président et aux forces de sécurité.

Le parti TGV et ses alliées crient au scandale et dénonce une « insulte » à l’encontre de leur chef, estimant que Andry Rajoelina n’a pas besoin d’amnistie puisqu’il n’a pas été condamné par la justice. Sauf que la ministre nommée depuis le gouvernement de la place du 13 mai ne sera pas toujours là.

Les faits de 2009 et les révélations faites par certains acteurs du coup d’Etat font que Andry Rajoelina pourrait être poursuivi si le vent tournait. Au même titre que les anciens présidents de la République élus, il pourrait bénéficier d’un statut et d’une immunité. C’est par contre un cadeau supplémentaire que le régime de transition doit accorder à Marc Ravalomanana.

A partir de l’effectivité du ni – ni ( ni Rajoelina, ni Ravalomanana aux élections présidentielles), la SADC exhorte les acteurs politiques malgaches à assumer leur responsabilité en promouvant la paix en vue de sortir de la crise. Si le régime Rajoelina et sa mouvance accusaient auparavant le président en exil d’être une source potentielle de trouble, ils sont désormais « suspectés » de faire entorse à la paix et à l’apaisement. 

La position de la SADC resserre l’étau autour du régime de la transition et de son chef. Andry Rajoelina est en effet tenu à la neutralité et ne doit pas user de son influence pour faire élire un candidat. Plus encore, la communauté d’Afrique australe « approuve le calendrier des élections présidentielles et parlementaires prévues en mai et en juillet 2013 » et désavoue la tentative de manipulation de la mouvance Rajoelina à faire passer les législatives avant la présidentielle depuis que leur chef de file a été contraint à se retirer de la course à la présidentielle.

Même si la Troïka s’est contentée de mentionner l’application de la feuille de route, la délicate question du retour au pays du président en exil en Afrique du Sud reste à régler. Marc Ravalomanana fera-t-il le voyage avec un billet aller-simple, avant ou après les élections, avant ou après l’adoption de la loi d’amnistie. Parmi les signataires de la feuille de route, un tel retour est toléré. Il reste à raisonner l’aile dure de la mouvance Rajoelina qui est toujours en train de faire un coup d’Etat malgré 4 ans au pouvoir.