samedi , 18 septembre 2021
enfrit
Fêté en musique par la HAT, célébré dans la discrétion et dans la dignité par les opposants, le 50ème anniversaire de l’indépendance a manqué de rappeler aux citoyens les valeurs républicaines et démocratiques dans lequel le pays croyait s’engager après la fin de la colonisation. Ces festivités ô combien divertissantes a par contre rappelé que l’on a un ancien organisateur de spectacle doublé d’un DJ aux commandes des…

Le 26 juin désacralisé par un régime de divertissement

Platines. C’est vrai que les malgaches ont adopté la fête de la musique, l’événement initié en France par Jack Lang et qui est en passe de devenir une festivité mondiale chaque 21 juin. Les séries de concerts gratuits qui ont marqué la semaine du 50ème anniversaire de l’indépendance de Madagascar auraient pu laisser croire que le pays célébrait la fête de la musique. La programmation du groupe Kassav, du rappeur géant Big Ali, des chanteuses de Raggae à la sauce R’n’b Brick and Lace, de la chanteuse de R’n’b à la française Nadya y contribuait.

Quelque voix se sont levées contre ce spectacle à outrance. Andry Rajoelina a gagné la reconnaissance internationale des artistes mais a peut-être eu tort de reléguer les vedettes malgaches en première partie. L’ancienne ministre de la Communication Nathalie Rabe s’est insurgée contre le choix de ces têtes d’affiche étrangères. Peu importe le slogan « Fierté nationale et patriotisme », l’essentiel était de donner du spectacle et du divertissement aux malgaches. Et c’est Andry Rajoelina lui-même qui offre ces artistes internationaux. A preuve, l’ancien DJ Andry TGV s’en est venté aux majunguais réunis pour l’autre concert de Kassav.
 
Le jeune couple présidentiel de la HAT a honoré de leur présence le concert de Big Ali. Le rappeur américain a rendu hommage aux malgaches ont portant un immense drapeau sur son épaule. Il fallait lui dire que la tradition locale veut que ce tissu satiné aux couleurs blanc, rouge et vert ne devait pas toucher le sol. C’est l’intention qui compte. Au moins, le spectaculaire Big Ali a pu divertir madame Mialy Rajoelina venue bien avant son mari à Anosy pour ne rien rater du spectacle. Hochant la tête, tapotant la main sur la cuisse, la première dame habillée comme n’importe quelle jolie jeune femme a aussi le sens du rythme. Son président de mari lui est un peu hagard, accoudé à son confortable siège, un doigt sur la joue. Quand Big Ali a fait une démonstration de mix, cela a dû lui rappeler de beaux souvenirs.

Le plus beau restait encore à venir. Une première dans le pays, une révolution technologique et culturelle… c’était bien sûr le spectacle son et lumière sur fond de jets d’eau à Anosy. Oui, c’était beau. Et c’était même lié à l’indépendance du pays. On voyait flotter l’inscription en malgache disant « Madagascar 50 ans ». Le clou du spectacle a été l’affichage des hologrammes de tous les chefs d’Etat depuis 1960. Les présidents élus Philibert Tsiranana, Didier Ratsiraka, Albert Zafy et Marc Ravalomanana en habit de photo officielle avec écharpe tricolore, collier et insigne en or de l’ordre national, les trois militaires dirigeant de la transition entre 1972 et 1975, à savoir le général Gabriel Ramanantsoa, le colonel Richard Ratsimandrava et le général Gilles Andriamahazo en uniforme, le chef d’Etat par intérim Norbert Ratsirahonana en tenue classique.

Mais qu’en est-il de Andry Rajoelina. Le président de la HAT est apparu avec deux photos, le premier avec l’apparat que les présidents élus  portent à l’investiture, la deuxième en costume cravate plus approprié à son statut de chef autoproclamé de l’autorité de transition. C’est avec un autre costume que le jeune Andry TGV a attiré l’attention lors des festivités. Sa veste noire à col mao avec des boutons et des ornements dorés est indescriptible. Certains disent que c’est pour rappeler qu’il a été porté au pouvoir par une prétendue révolution. D’autres affirme que le chef de l’autorité fait un clin d’œil à la royauté. Si ce n’est pas avoir le sens du spectacle que de susciter autant d’intérêt. On attend déjà avec impatience de voir ce que le styliste du président de la HAT nous réservera pour noël !