dimanche , 2 octobre 2022
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Afin d’éviter un impact politique et psychologique de la présence non maitrisée de l’épouse du président renversé par le coup d’Etat militaro-civil de 2009, le régime Rajoelina a pris une mesure radicale pour entrer en violation sans ambigüité de la feuille de route. Une nouvelle fois, l’Aviation Civile de Madagascar a été mise à contribution pour exécuter une décision politique. Lalao Ravalomanana n’a pas pu embarquer à bord de l’avion d’Airlink, samedi à cause d’un étrange NOTAM qui se voulait être discret. La mouvance Ravalomanana dénonce l’hypocrisie en haut lieu et l’absence évidente de volonté politique pour l’apaisement.

Le retour de Lalao Ravalomanana empêché par Rajoelina et l’ACM

La date de l’arrivée de Madame Lalao Ravalomanana n’a pas été rendue publique pour éviter qu’une foule immense vienne l’accueillir à l’aéroport d’Ivato. La mouvance Ravalomanana s’est pliée à l’une des conditions du chef de la transition. L’ex-première dame a donc prix un billet auprès de la compagnie Airlink suite à l’accord avec conditions  d’Andry Rajoelina.

« Malheureusement, elle n’a pas pu embarquer à bord de l’avion. La compagnie a reçu un mail lui disant de ne pas prendre comme passagère Lalao Ravalomanana », que l’avion ne sera pas autorisé à atterrir. « Après recoupement avec insistance, l’ACM a reconnu que la lettre vient d’elle », a révélé Me Hanitra Razafimananatsoa. Il s’agit donc d’un NOTAM.

« Il y a une hypocrisie en haut lieu… il y a des décisions officielles qui ne sont que tromperie, il y a quelque chose d’autre derrière », fustige Hanitra Razafimanantsoa. Ce nouvel abus « est contraire à l’apaisement et viole les droits fondamentaux ». Pour la ministre du Commerce, Olga  Ramalason, « la tristesse est immense… mais nous avons besoin de nous pardonner ».

Après avoir fanfaronné devant les journalistes qu’il a la grandeur nécessaire pour « ne pas répondre le mal par le mal », se référant aux épreuves rencontrées par sa belle famille à cause de l’ancien régime, Andry Rajoelina avait donné sa parole de laisser rentrer au pays pour des raisons familiales et humanitaires Lalao Ravalomanana.

Entre temps, le chef de la transition a essuyé le refus de Madame Ravalomanana d’utiliser le jet privé et la voiture officielle. Au-delà du fiasco de l’opération de communication tuée dans l’oeuf, certains observateurs avaient évoqué une tentative de mettre l’ancienne première dame dans une résidence surveillée.

Pour son arrivée en jet privé, le but serait d’atterrir dans un autre aéroport avant de l’escorter en voiture pour rejoindre la capitale. Ce plan avait déjà été échafaudé par le régime transitoire pour Marc Ravalomanana. Il a toujours le même objectif : éviter un accueil triomphal à Ivato.

L’échec de la tentative de récupération politique de ce retour et les discours revanchards de ses partisans membres du gouvernement laissaient présager que le chef de la transition allait comme à l’accoutumée renier ses propres déclarations officielles.

La ministre de l’Artisanat Elisa Razafitombo a attisé la rancune en rappelant les que les exilés de 2002 avaient raté de nombreux évènements familiaux, maladies, décès ou autres. Elle a appelé sans convaincre à l’apaisement au nom de l’année 2013 qui doit être celle de la réconciliation.

Le ministre de l’Elevage Jean de Dieu Maharante s’est indigné du fait que lui ne pouvait rentrer au pays pour divers évènements importants dans sa famille. L’ancien gouverneur de la province autonome de Tuléar a exigé que le retour de Lalao Ravalomanana se fasse en catimini. Il ne tolère pas qu’il y ait foule à l’aéroport d’Ivato pour l’accueillir et veut interdire toute participation ou présence de l’ancienne première dame à un évènement public. 

Ce n’est pas la première fois que le chef de la transition change d’avis et renie ses paroles quand il s’engage pour l’apaisement ou à respecter un accord politique. Au final, il n’a aucune autonomie politique, toujours contraint par ses partisans de faire machine arrière.

En tout cas, la mouvance Rajoelina confirme sa stratégie de ne pas respecter la feuille de route qui a force de loi quand il y a un enjeu politique. Hors de question de laisser Lalao Ravalomanana apporter de l’espoir aux malgaches lassés par une transition aussi longue que catastrophique.