dimanche , 5 décembre 2021
enfrit
Les maîtres FRAM estiment que leur revendication est tout à fait légitime, car elle est fondée sur une promesse du président de la République. Hery Rajaonarimampianina a effectivement pris quelques engagements solennels le jour de son investiture, le 25 janvier 2014, reprenant les grands thèmes abordés durant sa campagne électorale. Il a juré devant le peuple qu’il va réaliser ses promesses et ne voudrait pas faire de la démagogie, « car c’est la foi en la parole du président qui est la base du renouveau du pays ». Les promesses non tenues ont ébranlé la foi d’une partie des malgaches en leur président.

Les promesses non tenues du président Rajaonarimampianina

La promesse de trop que Hery Rajaonarimampianina a faite, le jour de son investiture, c’est de promettre qu’il va réaliser toutes ses… promesses. C’est un engagement nouveau, du jamais chez un président élu qui s’est juré de tout réaliser, sans faire de la démagogie. « Vous attendez de moi le respect de mes engagements », disait-il. « Ayez confiance », clamait un président qui se dressait un autoportrait flatteur, lui qui pense ne pas être un adepte de l’hypocrisie, ne pas être de ceux qui renoncent ou battent en retraire face à leur devoir, ni de ceux qui font des calculs politiques au détriment du vrai développement. Le nouveau président a eu la sincérité d’avoir tenu un discours compréhensible par la masse. Mal lui en a pris.

Les chantiers ne sont pas encore entamés, pis le gouvernement n’aura pas de programme économique avant 2015. Hery Rajaonarimampianina a promis des « résultats concrets sur la vie de la population ». Il a demandé aux citoyens de donner du temps au gouvernement. Les résultats se font attendre. 2014 sera une sorte d’année blanche pour le régime qui échoue dans les de nombreux engagements présidentiels, à commencer par le rétablissement de la confiance entre l’Etat et le peuple. Avec le climat d’insécurité qui ne se dissipe pas, le retour à l’Etat de droit sera un très long chemin. Que ce soit en milieu urbain ou dans les zones rurales, le « rétablissement rapide et strict de la sécurité » est un échec. Dans la lutte contre le trafic du bois de rose, on a révélé une certaine détermination du gouvernement, mais c’est plus de l’opération de communication.

Le plus grand raté du début de mandat du président est sans doute le chantier de l’éducation nationale. Hery Rajaonarimampianina s’est donné 3 mois pour changer les choses, réintégrer les enfants déscolarisés, inscrire à l’école les enfants en âge d’y aller… Il a surtout fait deux grandes promesses : la gratuité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques dans tout Madagascar, la régularisation des maîtres FRAM ou les enseignants dont le salaire est payé par les parents d’élèves. C’est gratuit, mais les parents vont payer ! C’est le paradoxe d’un ministère qui est persuadé d’avoir réussi son pari en recrutant 10 000 maîtres FRAM sur les 70 000 en activité.

Les problèmes de la Jirama devaient être résolus en 06 mois. Résultat, 80 villes subissent le délestage. Le président a promis une « énergie pour tous pour que les malgaches puissent recevoir dans leur foyer le progrès ». L’approvisionnement en électricité reste un frein pour le développement à cause d’un manque de puissances avéré. Aucun investisseur important ne s’est manifesté alors que les conditions sont meilleures depuis la reconnaissance internationale. Madagascar n’a pas bénéficié des financements espérés et attendus. Ce manque de liquidité pour faire de l’investissement public a sérieusement contrarié les plans du président.

« Que cette année soit celle du changement attendu par tous les malgaches pour sortir de la pauvreté », avait déclaré le président Rajaonarimampianina lors de son investiture en janvier 2014. Sept mois plus tard, les tensions sociales se multiplient et les promesses ne sont pas réalisées. Il reste 4 mois pour sauver la face. Ailleurs, en France, le président de la République a une cote de popularité historiquement basse, 15% des français lui accordant leur confiance. A Madagascar, un tel sondage politique sera bientôt considéré comme une diffamation publique sévèrement punie par la loi.