samedi , 18 septembre 2021
enfrit
La chamaillerie entre le ministre de la Sécurité Intérieure, Organès Rakotomihantarizaka et la « journaliste » vedette de la radio Viva est un grain de sable dans la propagande permanente de la HAT. Chargés de la mission de taper sur tout ceux qui s’opposent ou trahissent le vénérable chef de l’autorité de fait, les chroniqueurs n’hésitent pas à tirer sur leur propre camp. Pour la première fois, il y a une riposte. Amusant.

Première : un membre du gouvernement HAT tance la radio Viva

Le torchon brûle entre le ministre de la Sécurité intérieure et la radio de propagande de la HAT, appartenant à Andry Rajoelina. Organès Rakotomihantarizaka n’a pas apprécié « l’attaque » perpétrée par la « journaliste » Lalatiana Rakotondrazafy sur sa personne dans le dossier Philippe Verdon. La chroniqueuse vedette qui brille par ses analyses aussi brillantes que tendancieuses ne laisse passer aucun écart de conduite qui mettrait en cause la loyauté ou la subordination au chef de l’autorité de fait. La ligne éditoriale est simple, le moindre manquement ou signe de non allégeance est une trahison, pis, une volonté de coup d’Etat !

La riposte du ministre Rakotomihantarizaka a été d’un humour grinçant, limite méchant, mais on ne peut que se délecter de ce crêpage de chignon médiatique. « Pour moi, des personnes comme Lalatiana (Rakotondrazafy) est comme une adolescente de 14 ans qui viennent de s’arrêter de jouer à inventer des histoires racontées avec des pierres, qu’elle ne sait rien d’autres dans sa vie que faire du commérage ». Le reproche pourrait être un peu excessif mais visiblement le ministre de la Sécurité intérieure est conscient du danger qui le guette : se faire  limoger du gouvernement.

Plusieurs ministres et autres hauts responsables de la transition de fait ont déjà été limogés pratiquement à la demande de la radio Viva. Quand un ministre n’obéit pas aux injonctions des chroniqueurs, ne prend pas la décision administrative ou politique demandée sur les ondes, il a du souci à se faire lors du prochain remaniement. Et comme par hasard, l’autorité de fait s’apprête à remanier son gouvernement déjà annoncé comme étant de consensus ou de techniciens pour en faire un gouvernement de consensus avec ses nouveaux alliés, l’enjeu est de taille pour le ministre Rakotomihantarizaka.

Donneurs de leçon absolus en matière de journalisme depuis qu’ils sont devenus des super-journalistes, en totale connivence avec l’autorité de fait en récompense de leur contribution au processus de renversement du président élu, les chroniqueurs de la radio Viva font la loi. Gare au ministre ou autre responsable de l’administration qui ne sert pas assez la cause de la HAT ou de Andry Rajoelina. La radio Viva peut leur « couper la tête » et l’on ne s’étonnera même pas de leur limogeage.

Organès Rakotomihantarizaka confirme, accusant les journalistes de la radio Viva d’être des « bêtes féroces » qui font de l’intimidation aux responsables étatiques car ils n’hésitent pas à médire sur les ondes. Le ministre de la Sécurité intérieure souligne l’ingratitude de la journaliste qui l’attaque alors qu’elle lui aurait demandé d’intervenir en faveur d’une connaissance lors du recrutement des élèves commissaires de police. Le divorce est consommé.

Jamais dans l’histoire du pays, des ministres semblent obéir à des journalistes hyper politiques qui leur mettent une pression sur fond de populisme et de cause politique. Dans un rôle de « chien de garde »,  dans le sens noble et journalistique du terme, les journalistes de propagande défendent non pas la gouvernance mais un gouvernement et un gouvernant, non pas la démocratie mais un régime, non pas la liberté de presse mais une pensée unique.