mardi , 9 août 2022
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Si la HAT a empêché les autres candidats déclarés à la présidentielle de 2013 à faire une pré-campagne électorale pour en laisser le monopole à Andry Rajoelina, elle n’a pas pu mettre en échec le premier meeting officiel de Roland Ratsiraka à Antananarivo. Opposition de style et différence fondamentale dans le contenu, l’ancien maire de Toamasina propose de vraies idées et un projet de société alors que celui de la capitale multiplie les inaugurations et les lancements de projet tape-à-l’oeil pour cacher un mandat plein et un bilan vide à la tête de l’Etat sans avoir été élu.

Propagande avant l’heure : match à distance entre Rajoelina et Ratsiraka

Roland Ratsiraka a une avance sur Andry Rajoelina dans la mesure où il s’est préparé à prendre le pouvoir depuis longtemps et a été formé pour cela. Toutefois, le second, lui, a déjà pris le pouvoir par un coup d’Etat militaro-civil sans y être préparé. Côté expérience électorale, le premier fait parler ses acquis en tant que candidat à la présidentielle crédité d’une bonne troisième place avec 10% de suffrage au premier tour en 2006, en plus de ses campagnes victorieuses lors d’élections législatives et municipales à Toamasina. Pour le TGV, le seul fait d’armes, électoral, est pour Andry Rajoelina et une élection municipale en 2007 qui l’a amené à être à la tête du pays avec l’aide d’une frange de l’armée en 2009.

Le TGV n’a pas de vraies idées politiques mais que de la démagogie et du populisme, la faute à une arrivée au pouvoir prématurée et de manière anticonstitutionnelle. Sur ce point, le MTS lui fait la leçon : « les partis politiques doivent prendre leur responsabilité en formant ses futurs responsables et qu’avant les élections ou prises de fonction, on aurait déjà simulé le comportement moral et éthique qu’ils devraient avoir une fois au pouvoir… Ceux qui seront élus savent déjà ce qu’ils doivent faire, car le programme aura été validé par le parti en respectant leurs valeurs… Tout ceci se prépare longtemps à l’avance, car il ne faut pas arriver au pouvoir par hasard au risque d’improviser constamment ». Le parti de Roland Ratsiraka défend 12 valeurs de nature sociale, politique, républicaine, familiale, culturelle…

En matière d’improvisation, Andry Rajoelina est un champion. Malgré un déficit sur le plan de la puissance intellectuelle, le chef de la HAT a une faculté de communication et un sens du spectacle qui poussent à l’admiration. Après 4 ans au pouvoir, il se bat toujours pour convaincre de la légalité et de la légitimité de son régime, et aussi de sa candidature à la présidentielle, se présentant encore comme un ange de la politique habillé tout en blanc.

De la propagande, Andry Rajoelina en a fait sana arrêt depuis le processus de coup d’Etat en janvier 2009. Si cela n’a pas marché sur le plan international, il faut reconnaitre que les actions de coup d’éclat, les beaux discours, les grands engagements même pas respectés lui ont permis de rester au pouvoir sans être confronté à un soulèvement populaire, cela deux ans après ce qui devait être la fin officielle de la transition. La répression par les forces de l’ordre, en particulier les gendarmes, et la manipulation de l’opinion par les médias officiels y ont largement contribué.  

Malgré un bilan social, économique, écologique et politique catastrophique, celui qui se fait de plus en plus souvent  appeler « le président de la république » à la TVM tente de planter quelques arbres pour cacher la forêt, comme ces projets dans les quartiers d’Antananarivo, un stade de rugby, quelques hôpitaux modernes, des logements sociaux à facilité de paiement et accessibles par loterie, une route nationale construite, un avion présidentiel bradé…  Pour ce qui est de la baisse des prix des PPN et des carburants, la liberté d’expression, la bonne gouvernance, l’énergie renouvelable…, c’est resté au stade la propagande. Andry Rajoelina n’assume toujours pas son pouvoir et rejette la faute aux autres. Il se présente comme la victime des fautes de ses prédécesseurs ou de ces opposants qui le déstabilisent. Bref, le chef de la HAT n’est responsable de rien.