jeudi , 18 août 2022
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Cela n’a pas été une surprise, sauf pour ses partisans et ses alliés politiques ouvertement intéressés, Andry Rajoelina a annoncé en grande pompe et avec une certaine émotion qu’il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle de 2013. Pour sauver la face, le jeune apprenti président qui a mené le pays et la communauté internationale en bateau depuis près de deux ans pour régner en maitre sur le pays au-delà de la période légale de la transition, a sorti une énième fois son discours sur la souveraineté nationale dont il n’est pas un digne représentant, faute d’avoir été élu.

Ramené à la raison, Andry Rajoelina ne sera pas candidat à la présidentielle de 2013

« Je suis une solution pour le pays et non un problème », revendique compte Andry Rajoelina après avoir été le seul blocage freinant l’engagement dans le processus électoral d’une communauté internationale qui préconise sa non-candidature depuis le retrait du président renversé par le coup d’Etat militaro-civil de 2009. « Je confirme ce que j’ai dit le 12 mai 2010 : je ne vais pas me porter candidat à la présidentielle. Qu’on fasse de moi un sacrifice et non pas le pays ni le peuple ».  Visiblement, ce retrait a été le fruit d’une contrainte et non pas l’engagement volontaire d’un prétendu homme d’Etat qui n’a jamais agi comme tel en voulant s’accrocher au pouvoir.

Il voulait à tout prix être candidat, mais il ne peut pas au risque de ne pas être un président de la République légitime et reconnu internationalement. Andry Rajoelina a mis deux ans pour comprendre qu’il ne peut pas faire ce qu’il veut sous couvert de la prétendue souveraineté nationale  qui le permettrait de décider et de faire des choix pour les Malgaches et défier la communauté internationale, en particulier la SADC et les Etats-Unis. Malgré une argumentation certes pas très convaincante, il essaie d’agir en « patriote courageux, spirituel, sage et qui a peur de dieu », contraint par la communauté internationale de revenir à la parole qu’il a donnée.

« Il est de mon devoir de diriger la transition », s’est rappelé Andry Rajoelina. Dans sa déclaration de mai 2012, il s’est en effet engagé, en se présentant comme un homme de parole et homme d’Etat, à se contenter de mener à bien et à terme la transition, à ne pas être candidat à une élection présidentielle et de veiller au bon déroulement du scrutin. S’il avait agi comme un homme d’Etat, il aurait pu respecter le mandat de deux ans accordé par la Haute cour constitutionnelle et se retirer du pouvoir en mars 2011. Le TGV a déraillé avant de prendre une autre voie, lancé par un référendum constitutionnel illégitime et non reconnu, visant à lui donner un mandat transitoire sans limites dans le temps et surtout une éligibilité en modifiant à sa guise le critère d’âge.

Modifier unilatéralement le calendrier électoral à des fins politiques

A la tête d’un parti qui gouverne le pays après avoir gagné une élection municipale, Andry Rajoelina tente un dernier coup politique. « Je ne vous laisserai pas tomber », a-t-il promis à ses militants et ses partisans, annonçant des mesures pour arranger les choses et apporter l’apaisement. « Ma proposition est d’organiser les élections législatives avant la présidentielle ; les deux élections en même temps vont générer d’autres problèmes ».

Ce qui devrait donner plus de chance au parti TGV et à la mouvance Rajoelina qui n’ont pas encore un candidat n°2.  Leur chef de file empiète du coup sur l’autorité de la Commission électorale qui a déjà élaboré un calendrier. « Il est possible de le faire dans le respect du calendrier établi, soi entre mai et juillet 2013 » relativise un Andry Rajoelina qui a crié à qui veut l’entendre que l’élection présidentielle aura lieu le 08 mai 2013 quand il était encore candidat dans sa tête. Va-t-on lui accorder ce dernier caprice par compassion ?